Actualisé 07.04.2012 à 09:16

Syrie

Damas «viole» la position de l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU a condamné vendredi les nouvelles attaques lancées par le régime syrien contre les villes rebelles malgré la promesse de Damas de cesser les combats le 10 avril.

Ban Ki-moon a estimé que la promesse du président Bachar al-Assad de cesser les opérations militaires au plus tard le 10 avril «ne peut servir de prétexte pour continuer à tuer», a indiqué Martin Nesirky, porte-parole de M. Ban. «De telles actions violent la position consensuelle du Conseil de sécurité», telle que définie dans le plan de paix établi par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan, a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une déclaration demandant à Damas de respecter la limite du 10 avril pour cesser ses principales opérations militaires et à l'opposition syrienne de faire de même au plus tard 48 heures plus tard, tel qu'énoncé dans le plan de M. Annan.

«M. Ban déplore les attaques menées par les autorités syriennes contre des civils innocents, y compris des femmes et des enfants, en dépit des engagements pris par le gouvernement (syrien) de mettre fin à l'usage de toutes les armes lourdes contre des foyers de population», a encore affirmé le porte-parole.

«Les autorités syriennes sont entièrement responsables de graves violations des droits de l'homme. Cela doit cesser», a-t-il souligné.

Sans conditions

M. Ban «exige que le gouvernement syrien cesse immédiatement et sans conditions toutes ses actions militaires contre le peuple syrien», a dit M. Nesirky.

Vendredi, les violences ont fait selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) au moins 35 morts -- 22 civils, 9 soldats et quatre déserteurs -- à travers le pays. Jeudi, 77 personnes avaient péri.

Le secrétaire général de l'ONU s'est dit «extrêmement inquiet» de la crise humanitaire qui empire en Syrie, jugeant que les «derniers rapports qui font état d'un nombre grandissant de réfugiés vers les pays voisins sont alarmants».

Réfugiés en Turquie

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu avait informé Ban Ki-moon d'un afflux massif de réfugiés syriens vers son pays lors d'une conversation téléphonique jeudi soir, a rappelé Martin Nesirky.

Cet afflux de réfugiés coïncide avec une recrudescence des combats dans la zone d'Idleb (nord) à l'approche de la date butoir du 10 avril.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois. Selon l'OSDH, les violences ont fait plus de 10'000 morts, en grande majorité des civils.

27 civils tués à Latamna

Vingt sept civils ont été tués samedi lors d'opérations militaires menées par les forces syriennes dans la ville de Latamna, dans la province de Hama, dans le centre de la Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Vingt-sept personnes ont été tuées dans des bombardements et par des tirs lors d'opérations militaires menées par les forces régulières qui tentent de prendre d'assaut la ville de Latamna», théâtre de violents combats qui se sont déroulés vendredi jusque tard dans la nuit, a indiqué l'OSDH.

Plus au sud, dans la province de Homs (centre), trois civils, dont une femme et son enfant, ont péri dans les bombardements à Qousseir, et un policier dissident a été tué lors de combats, ajoute l'OSDH.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une déclaration demandant aux autorités syriennes de respecter la limite du 10 avril pour cesser les principales opérations militaires et à l'opposition syrienne de faire de même au plus tard 48 heures plus tard.

Mais les violences ne cessent pas et selon l'OSDH, elles ont fait 77 morts jeudi et 35 vendredi, en grande majorité des civils. (afp)

Experts inquiets pour les trésors archéologiques

Les violences qui secouent la Syrie depuis un an ont exposé les trésors archéologiques du pays aux pillages et aux destructions. La cité de Palmyre et les ruines gréco-romaines d'Apamée classées au patrimoine mondial de l'Unesco sont notamment concernées, selon des experts.

«Depuis trois ou quatre mois, les pillages se sont multipliés. Nous avons reçu une vidéo qui montre des gens arrachant des mosaïques au marteau-piqueur à Apamée. Et à Palmyre, il y a de nombreuses fouilles clandestines», affirme la directrice des musées en Syrie, Hiba al-Sakhel.

Les militants affirment, vidéos à l'appui, que plusieurs sites, dont celui d'Apamée, ont été bombardés par l'armée qui tente de reprendre des bastions rebelles. Les pillages, qui existaient déjà, ont crû avec les violences qui ravagent le pays depuis le 15 mars 2011 et la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

«Je pense que ces pilleurs sont des habitants attirés par le profit et qui ne comprennent pas l'importance de ce qu'ils trouvent», estime Mme Sakel. Elle redoute qu'une «grande partie de l'Histoire se perde».

Marché noir

Les pièces volées, qui transitent par le Liban et d'autres pays voisins, sont ensuite vendues au marché noir. Egalement pillée, la cité antique d'Ebla, dans la province d'Idleb (nord-ouest), a été ravagée par les combats entre armée et rebelles.

Pour Michel al-Maqdissi, directeur général des antiquités et des musées de Syrie, la zone la plus en danger est la région du massif calcaire, célèbre pour ses villes mortes proches de la Turquie.

Assurer la protection

Fin mars, l'Unesco a demandé aux parties impliquées dans le conflit en Syrie d'assurer la protection de son héritage culturel exceptionnel. L'opposition syrienne tirait également la sonnette d'alarme, affirmant que les attaques de l'armée mettent en péril des sites historiques.

La Syrie possède un important patrimoine archéologique et historique et sa capitale Damas est une des plus anciennes villes du monde. Six sites figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco: l'ancienne ville de Damas, celles de Bosra et d'Alep, Palmyre, le Krak des chevaliers et Qalaat Salah El-Din, les villages antiques du nord.

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