Actualisé 15.03.2009 à 13:35

Meurtre de LucieDaniel H. n'a montré aucune émotion

Le meurtrier de la jeune fille au pair fribourgeoise Lucie n'a montré aucune émotion lors des premiers interrogatoires de la police.

Ses déclarations sont cependant très crédibles, selon Urs Winzenried, chef de la police criminelle argovienne. Une vague de critiques vise la justice de son canton et le nouveau droit pénal entré en vigueur en 2007.

Les déclarations du meurtrier ne contredisent pratiquement sur aucun point les résultats de l'enquête, a expliqué Urs Winzenried dans un entretien publié dans le «SonntagsBlick». Ce Suisse de 25 ans a répondu calmement, fermement et sans hésiter aux questions des enquêteurs.

Très crédible

Même pour les actes les plus graves, le jeune homme n'a pas tenté d'embellir les faits. Il n'a montré aucune émotion: pas de larmes, pas de bégaiements, pas de déglutissement, pas de transpiration excessive, a observé le chef de la police criminelle. Le meurtrier a cependant été mis sous pression par les enquêteurs à certains moments.

Urs Winzenried juge crédibles les déclarations du meurtrier, selon lesquels il a décidé de tuer Lucie alors qu'elle se trouvait depuis quelques heures dans son appartement. Selon ses dires, la jeune fille au pair a été tuée assise sur le lit de la chambre à coucher où il voulait faire des photos. Le meurtre a été commis soudainement de sang froid, même si le jeune homme l'a frappée de face, a constaté le policier.

Violent et soudain

La jeune fille de 16 ans n'aurait été effrayée par le premier coup qu'au dernier moment. Le coup a été si violent qu'elle a peut-être perdu connaissance à ce moment-là, a expliqué Urs Winzenried. Son acte commis, l'apprenti-cuisinier a eu l'intention de se rendre à la police mais il a encore voulu visiter d'autres personnes avant de s'y résigner. Il n'a cependant pas eu le coeur à leur dire quelque chose sur l'acte qu'il venait de commettre.

La justice argovienne et le nouveau code pénal se sont trouvé dans le collimateur des critiques. L'application des peines dans ce canton suscite de nombreuses questions. Pour sa part, la directrice de la justice du canton de Saint-Gall, Karin Keller-Sutter, met en cause, dans la presse dominicale, le nouveau droit pénal de 2007. La marge de manoeuvre des juges d'application des peines a été extrêmement réduite, a-t-elle dénoncé. Lorsqu'un délinquant pénal est libéré sous conditions et qu'il ne se plie pas aux conditions fixées, ils doivent saisir un tribunal pour le remettre en prison, ce qui prend du temps et crée des risques supplémentaires. (ap)

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