25.09.2020 à 06:26

Berne«Dans la loi, l’avortement est toujours punissable. C’est fou!»

Sous l’impulsion du socialiste valaisan Mathias Reynard, des parlementaires de tout bord cosignent une motion demandant d’ôter de la loi les conditions faisant théoriquement obstacle à l’IVG. Un changement principalement sur la forme, mais symbolique.

de
Pauline Rumpf
L’avortement est légal depuis 1942, et s’est libéralisé dans les années 70. Le régime des délais est formalisé en 2002.

L’avortement est légal depuis 1942, et s’est libéralisé dans les années 70. Le régime des délais est formalisé en 2002.

Mathias Reynard raconte être tombé des nues quand il a découvert la définition de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans le Code pénal. Interrompre une grossesse est passible de prison ou d’une peine pécuniaire «sauf si un avis médical démontre que c’est nécessaire» face à une menace grave pour l’intégrité physique de la future mère, ou si la femme enceinte démontre par écrit qu’elle risque «un état de détresse profonde».

«Cet héritage d’un autre temps est infantilisant et humiliant», estime le conseiller national (PS/VS). Il a donc déposé une motion, signée par des élues de tous partis «et même quelques hommes de droite» glisse-t-il, pour demander la reconnaissance du droit inconditionnel des femmes à disposer de leur corps. Plusieurs pays, comme le Canada, la France ou la Belgique, ont déjà modernisé leur définition légale de l’IVG.

Dans les faits, cette reformulation ne changera pas grand-chose, puisque la pratique est déjà largement libéralisée. «Le but n’est pas de modifier la pratique actuelle d’accès à l’IVG, notamment les délais qui limitent ces interventions», assure le Valaisan. C’est d’ailleurs sur cette garantie que plusieurs femmes de droite ont accepté de se rallier à la motion. Actuellement, en effet, l’avortement n’est autorisé que jusqu’à la 12e semaine d’aménorrhée, et plus tard uniquement pour des «motifs psycho-médicaux».

Tendance à la redéfinition

Plusieurs thèmes sont rediscutés en ce moment dans le cadre d’une révision du Code pénal et d’une harmonisation des peines entamées au parlement. La notion de viol est notamment débattue: peut-elle concerner un homme, donc une pénétration non vaginale? Faut-il introduire la notion de consentement? De «viol par négligence»? Le concept de «crime passionnel» est-il toujours pertinent? Réponse… à suivre ces prochains mois, voire ces prochaines années.

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431 commentaires
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Un mec

25.09.2020 à 10:24

Vasectomie pour les bien-pensants

Ok alors par ici on ne risque rien

25.09.2020 à 10:14

Chéri on fait un héritier cette nuit ? non c' est pas le moment attendons encore un peu , tu veux bien ?

Aurélie

25.09.2020 à 10:10

je suis scandalisée de lire certains commentaires. J'ai avorté (il y a de cela 8ans) je n'ai pas honte de le dire et ne veut pas en faire un tabou. j'en parle quand la situation se donne très librement. ce choix, nous l'avons pris avec mon mari qui était mon copain a l'époque. cela faisait a peine 1an que nous étions en couple, je n'étais pas spécialement jeune (24ans, lui 25) mais nos vies nous ne permettaient pas d'accueillir un bébé dans les conditions que nous souhaitions pouvoir lui offrir. nous n'avions ni lui ni moi fini nos formations professionnelles, nous habitions dans 2 cantons différents et nous n'avions de loin pas l'argent de subvenir aux besoins de ce petit être. maintenant maman d'une magnifique fille de 2ans et enceinte du 2ème, je réalise encore plus que nous avons fait bon choix. nous aurions évidemment aimé ce bébé mais ce n'était pas la vie que nous souhaitions lui offrir et heureusement que l'avortement a été possible. je ne regrette pas ce choix!