Actualisé 12.02.2020 à 09:30

Football

Collet: «Des choses que l'on doit changer»

Avant le derby romand des perdants, Sport-Center s'est entretenu avec les patrons des deux clubs. Au moment où CC pointe du doigt la responsabilité de ses joueurs, le boss xamaxien attend du changement à tous les niveaux.

de
Nicolas Jacquier
Christian Constantin et Jean-François Collet attendent davantage de son équipe.

Christian Constantin et Jean-François Collet attendent davantage de son équipe.

Keystone

NE Xamax qui va mal après sa défaite contre Lucerne 0-1, le FC Sion qui ne va pas beaucoup mieux après sa défaite à Berne 1-0 Avant leurs retrouvailles agendées samedi à Tourbillon, à l'enseigne d'un derby des mal-classés, les deux représentants romands ont entamé l'année avec le même bilan comptable famélique (1 point chacun).

Ceci alors même que le spectaculaire redressement du FC Thoune - deux victoires depuis la reprise – vient brouiller encore davantage les cartes dans la bataille pour le maintien. Sport-Center a joint Christian Constantin, le patron du FC Sion, ainsi que Jean-François Collet, son homologue de la Maladière, pour faire le point avant un rendez-vous qui s'annonce crucial.

En tant que patron de respectivement Sion et NE Xamax, quel regard portez-vous sur le toto-mat (ndlr: le tableau des résultats)?

Christian Constantin: «Qu'avec un seul point en trois matches, on est dans la m... Dans le contenu, on peut revendiquer bien sûr quelque progrès. Mais dans la pratique, Sion est à la rue. Or le classement est établi en fonction du championnat pratique, et non d'un championnat théorique.»

Jean-François Collet:«Il ne parle pas en notre faveur. Alors que Xamax comptait encore cinq points d'avance à la reprise de janvier, il n'en reste déjà plus rien. On ne peut plus se cacher au seul prétexte que l'on joue bien au ballon. Dans notre situation, ce sont les points qui comptent. Et on ne les a pas. Donc il nous manque l'essentiel.»

Selon vous, c'est quoi, le problème?

C. C.:«Il y en a plusieurs... Cela commence par un manque de stabilité défensive et cela se termine par une absence d'efficacité offensive. Vu de l'extérieur, la carrosserie semble bien sympathique mais on n'a pas encore vu les premiers chevaux dégagés par le moteur. Un Doumbia peut nous être très utile dans les 20 derniers mètres. Mais quand il doit se débrouiller sur 50 mètres, cela devient déjà plus compliqué. A partir du moment où YB n'avait pas réussi à faire le break samedi, j'aurais fait en sorte d'essayer de remonter le ballon, en mettant davantage de vitesse par exemple.»

J.-F. C.:«On a un vrai souci d'efficacité quand je vois le nombre d'occasions qu'il nous faut pour marquer un but. Et on ne peut pas continuer à encaisser des buts aussi idiots que celui reçu dimanche contre Lucerne, qui nous condamne chaque fois à courir après le score. Il y a des choses que l'on doit changer.»

Êtes-vous inquiet?

C. C.:«Inquiet, cela fait un moment déjà que je le suis, car il y a de quoi l'être. Il faut être clair: au moment de partir, Stéphane (ndlr: Henchoz) avait été très violent dans ses critiques envers les joueurs. Mais aujourd'hui, il faudrait quand même que ces mêmes joueurs montrent quelque chose, qu'ils se réveillent enfin d'une longue hibernation.»

J.-F. C.:«Forcément, et d'autant plus quand on regarde ce qui se passe avec Thoune, qui n'est plus derrière nous, mais juste à côté de nous. L'équipe bernoise ne présente peut-être pas un jeu très spectaculaire, mais pour ce qui est de l'efficacité, ses joueurs répondent présent! Chez nous, tout le monde est sous pression. Au vu des résultats, personne ne peut se dire que ce qu'il fait est juste, qu'il sera toujours là demain si rien ne change aujourd'hui. Le coach fait partie des gens qui doivent trouver des solutions pour inverser la tendance.»

Samedi, place au derby des «losers» entre Sion et Xamax

C. C.:«Qui est le plus mal loti des deux? Aujourd'hui, on se retrouve dans la même chambre d'hôpital que Xamax. Le but, c'est d'en sortir en restant vivant, pas d'aller à la morgue. Pour tout ce qui concerne l'entourage du club et des moyens dont bénéficient les joueurs, Sion est assuré en privé. Mais pour ce que l'on montre, on se retrouve en chambre commune.»

J.-F. C.:«Ce n'est pas le derby en soi qui est important, mais ce qui en ressortira. On se retrouve dans la même situation qu'avant la pause hivernale (ndlr: 1-1 le 15 décembre). Dans ce que l'on montre, on mérite d'être en Super League. Mais le haut niveau, c'est surtout se montrer réaliste dans les zones de vérité.»

Allez-vous parler cette semaine à vos joueurs?

C. C.:«Oui. Et à mon coach également. J'ai prévu quelques entretiens individuels. Il y a des choses qui doivent être dites pour faire en sorte qu'elles ne se reproduisent pas.»

J.-F. C.:«Je pense que je vais m'adresser à l'équipe, même si je suis le premier à relativiser la portée de mon discours. Dire à mes attaquants qu'ils doivent marquer n'est pas d'une très grande utilité... Au sein de l'équipe, les gars sont conscients de la gravité de la situation et du rôle qu'ils ont à jouer pour l'améliorer.»

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