Actualisé 26.04.2016 à 07:55

ChineDans la vie de ceux qui fabriquent nos iPhones

Après les scandales qui ont révélé les conditions de travail des ouvriers sur les chaînes d'Apple, quoi de neuf dans les usines?

photo: Keystone

Le monde entier suit la moindre évolution du design de l'iPhone, mais qu'en est-il des conditions de travail des sous-traitants asiatiques qui le fabriquent? Le site du magazine américain Bloomberg a rendu visite à l'une des plus grandes usines du sous-traitant Pegatron, en banlieue de Shanghai, 18 mois après le scandale qui avait terni l'image du géant californien.

En 2014, un reportage tourné en caméra cachée par la BBC, intitulé «Les promesses brisées d'Apple», avait en effet dévoilé les scandaleuses conditions de travail des employés de Pegatron, ce sous-traitant taïwanais spécialisé dans l'assemblage de pièces électroniques: suivi médical bidon, shifts de 16 heures de jour ou de nuit sans journée off pendant des semaines, climat de stress insupportable pour de nombreux ouvriers.

Déjà en 2010, une vague de suicides dans l'usine du plus important sous-traitant asiatique, Foxconn (qui collaborait notamment avec Apple), avait fait les gros titres de la presse internationale.

Contrôles des heures travaillées

Sous pression, qu'a fait Apple pour améliorer le quotidien des 50'000 (!) ouvriers de cette usine géante qui donnent vie à ses téléphones de luxe? Sous l'impulsion de Tim Cook, Apple affirme avoir conduit 640 audits sur plus d'1,6 million de travailleurs rien qu'en 2015. Des mesures ont été mises en place, vantées devant l'équipe de Bloomberg par les représentants de Pegatron.

Pour contrôler les heures supplémentaires et empêcher les burn-outs, la barre a été ramenée à 60 heures par semaine cinq jours de suite, avec la possibilité d'effectuer 36 heures supplémentaires mensuelles. Ces horaires sont strictement contrôlés à l'aide de badges de sécurité et de processus de reconnaissance faciale. Parce que l'usine tourne nuit et jour, les employés travaillant de nuit bénéficient de conditions salariales plus avantageuses.

Mais avec des salaires évoluant entre 650 et 850 dollars par mois heure sup' comprises (soit 635 à 830 CHF - par comparaison un iPhone coûte, en Chine, 670 francs), les ouvriers cherchent toujours à augmenter leur paie, parfois encore en travaillant jusqu'à l'épuisement, selon l'ONG China Labor Watch. Celle-ci accuse le système de badges de n'être qu'un écran de fumée.

«Campus» améliorés

Les dizaines de milliers d'ouvriers et managers qui travaillent sur les chaînes de production vivent sur place, dans des sortes de «campus», le temps de leur contrat.

Les espaces de vie et d'accueil ont eux aussi été repensés, souligne Pegatron: des cafétérias modernes ont été installées (les ouvriers disposent d'une pause de 50 minutes pour manger au milieu de leur shift), le WiFi est gratuit partout, des services de nettoyage sont offerts. Le taux de rétention des employés a augmenté de 20% chaque année depuis trois ans dans l'usine, preuve que la stratégie paie. Une personne interrogée affirme que les conditions chez Pegatron sont désormais «plus détendues» qu'ailleurs.

(NewsXpress)

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