Belfaux (FR) – Dans l’affaire de l’ancien caissier, la Commune a sa part de responsabilité
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Belfaux (FR)Dans l’affaire de l’ancien caissier, la Commune a sa part de responsabilité

Vendredi, le préfet de la Sarine a dévoilé le résultat de son enquête administrative. Ponctuellement, certains responsables ont manqué de diligence.

par
Xavier Fernandez
Malgré tout, aucune sanction administrative ne sera prise contre les autorités communales.

Malgré tout, aucune sanction administrative ne sera prise contre les autorités communales.

XFZ

Oui, les autorités communales de Belfaux auraient dû en faire plus, et mieux, dans l’affaire de l’ancien boursier (lire encadré). «Des manquements de diligence peuvent être pointés du doigt. Surtout lorsqu’il existe des signaux d’alarme», résume en quelques mot le préfet de la Sarine, Carl-Alex Ridoré. Vendredi, ce dernier a présenté les conclusions de l’enquête administrative menée par son lieutenant, Patrick Nicolet.

Deux situations en particulier posent problème. En 2014, les recommandations préfectorales faites à la suite d’un audit n’ont pas été suivies. Ce dernier avait été mené grâce à la curiosité d’une secrétaire communale. Elle avait remarqué que le boursier travaillait beaucoup, voire trop, notamment lorsque tout le monde était en vacances. On apprendra plus tard qu’il en profitait pour masquer ses agissements. «Le syndic de l’époque aurait dû donner une plus grande suite à cette mise en garde et être plus attentif lorsqu’il signait les ordres de paiement», souligne le préfet.

Des retraits toujours plus fréquents

Plus grave encore, en 2018, le préfet avait averti la conseillère communale responsable des finances que des «investigations complémentaires par un tiers, neutre et professionnel, apparaissaient incontournables». Autrement dit, il fallait mandater une fiduciaire pour vérifier les potentiels dysfonctionnements dans l’activité du boursier communal, dont on entrevoyait les contours depuis 2017, à nouveau grâce à un secrétaire communal suffisamment curieux. Mais l’Exécutif a préféré simplement mettre en place un mentorat, confié à l’interne. Et les ordres de paiement ont continué à être signés par la syndique, à un rythme toujours plus soutenu. «En moyenne, c’était une fois par semaine et des montants de l’ordre de 25’000 francs», ajoute Carl-Alex Ridoré.

Malgré tout, d’un point de vue pénal, le seul responsable est bien l’ancien caissier. Quant à une éventuelle mesure administrative contre les autorités communales, le préfet a décidé d’y renoncer. «Elles s’appliquent en principe aux personnes encore en fonction. Or ce n’est plus le cas. Et, humainement, ces personnes ont déjà beaucoup souffert», justifie le préfet. À noter que le législatif a encore une année pour demander d’éventuelles réparations.

Pour finir, Carl-Alex Ridoré estime que ce cas met en lumière les limites du système de milice de la politique communale et estime que la question de la professionnalisation des exécutifs doit être posée. «Les conseillers communaux sont des hommes et des femmes qui donnent de leur temps et font de leur mieux. Mais il n’est pas évident d’encadrer correctement des collaborateurs quand ceux-ci sont mieux formés dans la tâche qui leur est impartie que leur supérieur.»

Près de 6 millions de francs

Fin mars, l’ancien boursier de Belfaux a été condamné à 7 ans et demi de prison pour abus de confiance qualifié et faux dans les titres. Il a fait appel de ce jugement. Le Tribunal cantonal ne s’est pas encore prononcé. Dans les faits, on lui reproche d’avoir soustrait près de 6 millions de francs des caisses communales et d’avoir masqué ses agissements via différents artifices. La méthode la plus récurrente consistait à faire signer aux syndics successifs, puisque son petit manège a duré plus de dix ans, des ordres de paiement. Mais au lieu d’effectuer un virement bancaire, il récupérait l’argent en liquide et bidouillait ensuite la comptabilité. Il a usé de ce stratagème plus de 200 fois.

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