Meurtre d'Adeline M.: «Dans le cas d'Adeline, on a marché sur la tête»
Actualisé

Meurtre d'Adeline M.«Dans le cas d'Adeline, on a marché sur la tête»

Le père de Marie, assassinée en mai à Payerne, a appelé à un changement de mentalités face aux criminels, jeudi. Il a balayé le débat sur la peine de mort.

par
Raphaël Leroy

L'homme est toujours serein. Quatre mois après avoir perdu sa fille Marie, assassinée à Payerne par un récidiviste, Antoine Schluchter a accepté de témoigner jeudi de son expérience du «mal absolu», à l'invitation de l'Eglise protestante genevoise. De «l'innommable», comme il l'appelle.

Il y a notamment évoqué le cas d'Adeline, la sociothérapeute retrouvée morte dans un bois de Bellevue le 13 septembre. «Ça a été un choc énorme, comme un coup dans le ventre, a confié le pasteur. Nous avons rapidement pris contact avec la famille et les amis d'Adeline pour dire qu'on pensait et priait pour eux.»

Passé le temps du recueillement, le Vaudois a appelé à un changement de mentalités vis-à-vis des criminels dangereux. «On vit dans un pays où on n'est pas habitués à ça, a-t-il rappelé. Mais il est important, comme à Genève, d'avoir le courage de dire qu'on se plante. Pour Adeline, on a marché sur la tête. On ne peut pas laisser des zones floues où certains peuvent se glisser. Il est toutefois important de ne pas bétonner la sécurité au détriment d'une majorité de personnes qui s'en sort bien.»

Interrogé sur la peine de mort, Antoine Schluchter s'est montré résolu. «La question n'est pas simple, mais cela n'est presque plus pensable dans une société démocratique. Si on a renoncé à la haine, ce n'est pas pour brandir un nouveau drapeau.» Et de jurer qu'il n'a lui-même jamais souhaité la mort de celui qui a assassiné sa fille.

Ton opinion