Hockey - National League: Dans les coulisses du huis clos de la Vaudoise aréna

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Hockey - National LeagueDans les coulisses du huis clos de la Vaudoise aréna

Il n'y a rien de plus triste qu'un match disputé sans spectateurs. On s'est tout de même glissé dans la patinoire du LHC samedi, pour humer l'air particulier de la partie entre Lausanne et Berne.

par
Robin Carrel
Renens

«Chers représentants de la presse, cher staff de ce match, bonsoir!» Le speaker de la toute nouvelle enceinte lausannoise a dû réadapter son traditionnel discours d'avant-match, samedi. Pour le reste, on a presque tous «fait comme si». Le show d'avant-match, les publicités, les annonces des noms des joueurs… Même la «kiss cam» était de la partie! Elle a toutefois dû s'attarder à deux reprises sur le même couple de photographes pour exister. Heureusement, car les nombreux reporters mâles assis aux tables de presse commençaient à se regarder un peu bizarrement vers la fin.

Ce match entre le Lausanne HC et le CP Berne avait une importance capitale pour les Ours, champions en titre et finalement éliminés de la «danse de printemps» avant l'heure. Il avait toutefois des faux airs de partie amicale, ces rares moments où, depuis la tribune, on peut entendre tout ce qui se dit sur la surface gelée. Même les statistiques de cette partie couperet, qui a fini par priver Berne des séries éliminatoires, ressemblaient plus à un galop d'essai d'août qu'à un furieux affrontement de février: 3 tirs à 1 après 18 minutes. 12 tirs cadrés en tout à la mi-match, 16 partout après deux-tiers et 15-18 à la fin...

«J'ai senti contre Lausanne qu'il y avait une bonne intensité sur la glace malgré tout, comme lors du match de la veille, a analysé Hans Kossmann, l'entraîneur bernois, après avoir été condamné à jouer sa survie dans l'élite ces prochains jours. Les équipes ont 'joué', même sans spectateurs. J'ai le sentiment que ces parties ont trouvé un rythme et qu'il a tenu tout au long de la rencontre. Quand les fans sont là, des choses vont d'abord mieux, après ça baisse, et ça fonctionne par vagues. Sans public, les affrontements étaient plus sur le même niveau d'émotions.»

Lausanne - Berne: le résumé

Les Lions ont pris le meilleur des Ours, samedi soir à la Vaudoise aréna, grâce notamment à un doublé de Josh Jooris (3-2).

On a bien tenté de réveiller tout ça et d'aller remplacer la Section Ouest en troisième période, mais cela n'a pas été du goût des organisateurs. Les joueurs, eux, ont dû aller chercher un surplus de motivation ailleurs. «Ça change, ce n'était vraiment pas simple et sacrément différent de ce que l'on connaît d'habitude. On a essayé de se donner de l'énergie entre nous», a assuré Josh Jooris, double buteur du côté vaudois, dont la situation n'inquiète pas trop ses amis outre-Atlantique. «Sauf peut-être éventuellement ma maman, qui veut être sûre que je me lave bien les mains. Bien sûr que c'est quelque chose qu'il faut prendre très au sérieux. Mais tout est mis en œuvre pour qu'on y fasse correctement face», nous a-t-il dit, au milieu du joyeux vestiaire vaudois.

Pour la suite, rien n'est moins sûr, comme on dit. Les clubs et la Ligue vont devoir décider lundi de quoi l'avenir du championnat suisse sera fait, puisque aucune rencontre ne pourra se dérouler devant un public fourni avant le 15 mars. Ce qui est plus sûr, on l'a vu ce week-end, c'est qu'un match de hockey perd toute sa saveur quand personne n'est là pour vibrer.

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