Violence conjugale: Dans un cas sur cinq, c'est l'homme qui trinque
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Violence conjugaleDans un cas sur cinq, c'est l'homme qui trinque

Contrairement à une opinion courante, la violence féminine contre les hommes est bien plus répandue qu'on ne le croyait. 20% d'hommes en sont victimes, selon une étude qui vient de paraître.

par
rga
La violence féminine continue à être un tabou en Suisse.

La violence féminine continue à être un tabou en Suisse.

Se fondant pour la première fois sur des données fournies par les polices cantonales, l'Office fédéral de la statistique (OFS) s'est penché sur la violence conjugale en fonction du sexe des victimes. Les chiffres avancés pour 2009 sont alarmants et font apparaître une croissance significative de la violence des femmes à l'encontre des hommes.

15 hommes ont été victimes de tentatives de meurtre ou de meurtres prémédités sur 49 cas relevés au plan suisse. Ils sont 8 hommes sur 39 cas à avoir subi des lésions corporelles graves et 309 hommes, sur 1840 cas, ont subi des lésions corporelles légères. Pour résumer: 20% des cas de violence entre hommes et femmes, que ce soient des couples mariés ou des conjoints qui vivent en union libre, concernent le sexe dit fort. Mais ce chiffre pourrait être bien plus élevé, selon Oliver Hunziker, président d'une association alémanique qui encourage l'éducation responsable des mères et des pères (VeV), cité par «Der Sonntag». «La situation des hommes maltraités de nos jours ressemble à bien des égards à celle des femmes violées et abusées il y a une trentaine d'années. Ils doivent se battre contre les préjugés qui prévalent dans ce domaine et lutter contre l'ignorance générale du public et des autorités», constate le quatrième rapport sur la violence de la commission bernoise sur l'égalité.

Mario Cortesi, porte-parole de la police cantonale zurichoise, observe lui aussi une augmentation de la violence féminine. Celle-ci ne se limite plus à des morsures, des coups de pied ou des gifles. Selon Oliver Hunziker, on assiste maintenant à des «menaces, du mobbing et des actes d'humiliation». Le rapport de l'OFS relève même des cas d'agressions perpétrées avec des acides.

Les causes de cette flambée de violence féminine sont peu connues pour l'heure, peu d'études ayant été consacrées à ce sujet en Suisse. Pour le thérapeute de couple, Klaus Heer, une des pistes à examiner pourrait être que «les femmes agissent de plus en plus comme les hommes. Moins elles maîtrisent une situation de conflit, plus elles ont tendance à se réfugier dans des actes de violence gratuite».

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