Genève: «Dans un taxi, on a peur de devoir parler français»
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Genève«Dans un taxi, on a peur de devoir parler français»

Les clients de palaces préfèrent Uber aux limousines et taxis. Utiliser une appli serait plus rassurant.

par
Lucie Fehlbaum
L'appli Uber, pareille partout dans le monde, rassure ses usagers.

L'appli Uber, pareille partout dans le monde, rassure ses usagers.

Keystone

Le Kempinski, l'InterContinental, le Crown Plaza ou l'hôtel des Bergues: ces lieux de villégiature pour touristes fortunés enregistrent une nouvelle tendance. Leurs clients ne jurent plus que par Uber pour se déplacer et délaissent taxis et limousines. La société de transport entre particuliers vient de sortir son top 10 des destinations les plus fréquentées à Genève à l'été 2018. Résultat: les quatre palaces y figurent. Pourtant, le service est réputé bon marché. Une forme de radinerie? Plutôt une peur de l'inconnu. Selon le Professeur de sociologie urbaine et d'analyse de la mobilité Vincent Kaufmann, qui enseigne à l'EPFL, Uber est rassurant. «Dans un taxi local, on peut craindre de payer trop cher. On a peur aussi de devoir parler français avec le chauffeur.»

Standing américain

Uber, la marque américaine, jouit d'une image moderne et contemporaine. «Nous sommes toujours à plat ventre devant ce qui vient des Etats-Unis, on offre peu de résistance à cela. Au point de nous convaincre d'un meilleur service, estime le sociologue. C'est remarquable de la part de leur entreprise d'être arrivée à ce résultat alors qu'ils n'emploient pas de chauffeurs professionnels (à Genève, les chauffeurs sont reconnus professionnels par la loi fédérale, ndlr)

A Genève, juste après l'aéroport, l'hôtel Kempinski a été la destination la plus visitée de l'été. Situé en face du bain des Pâquis, il accueille une boîte de nuit, ce qui peut expliquer sa popularité. Pourtant, selon sa directrice de communication Marion Talbot, Uber séduit énormément leur clientèle. «Notre chef concierge remarque ce changement. Les clients délaissent de plus en plus les taxis, les limousines ou les services sur-mesure que nous proposons. Ils se débrouillent tout seuls.» C'est une nouveauté. Marion Talbot partage l'avis que l'image renvoyée par Uber y est pour beaucoup. «Il y a une garantie sur la qualité de la voiture, un certain standing, les chauffeurs sont bien habillés.»

L'appli des taxis

Les 650 taxis genevois sont conscients de la valeur d'une appli internationale. «Notre application Taxiphone Genève fait partie du réseau taxi.eu, qui regroupe plus de 150'000 véhicules dans 200 villes d'Europe», révèle Cédric Bouchard, président-directeur général de Taxiphone. L'interface est la même partout. Selon la ville, les spécificités changent. Il est possible de payer via l'app et de réserver une voiture de classe supérieure, comme chez Uber.

Transports, luxe et loisirs

La destination préférée des clients Uber à l'été 2018 à Genève est sans surprise l'aéroport. Le Kempinski est deuxième, l'InterContinental cinquième. Le Crowne Plaza et les Bergue se succèdent en huitième et neuvième position. Dans le classement figurent aussi des lieux de loisirs comme Genève Plage ou la boîte de nuit le Village du Soir. La Gare, le Starling Hotel (face à l'aéroport) et le World Economic Forum complètent ce classement.

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