Alice Englert: En version queer dans Les liaisons dangereuses

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Alice EnglertDans une version queer des «Liaisons dangereuses»

L’actrice Alice Englert casse les codes dans la nouvelle série inspirée du roman de Pierre Choderlos de Laclos.

par
Henry Arnaud, Hollywood
L’actrice néo-zélandaise Alice Englert se considère comme une personne queer.

L’actrice néo-zélandaise Alice Englert se considère comme une personne queer.

IMAGO/MediaPunch

Alice Englert incarne la jeune et jolie Camille dans la nouvelle version des «Liaisons dangereuses», série disponible sur la plateforme MyCanal. À 28 ans, la fille de la réalisatrice Jane Campion est à la fois actrice, chanteuse et auteure.

Vous reprenez le rôle immortalisé par Glenn Close et Sarah Michelle Gellar précédemment. En quoi votre version des «Liaisons dangereuses» est-elle différente?

Notre histoire se déroule avant celle du célèbre roman du XVIIIsiècle. Camille est une jeune fille qui doit apprendre à naviguer dans un monde dominé par les hommes. Nicholas Denton incarne Valmont, mon Casanova (rire). Et l’intrigue se passe dans le Paris des aristocrates avant la Révolution française. J’espère que notre série va faire découvrir ce livre culte à une nouvelle génération.

Comment vous êtes-vous identifiée à cette période historique?

Les thèmes sont universels. On aborde le sexe, les privilèges, la pauvreté, l’amour et, par-dessus tout, il y a le pouvoir. C’est intéressant d’explorer l’amour à un autre siècle, car on réalise vite que rien n’a changé. Bien souvent, une relation c’est soit la passion, soit la guerre. Cela se mélange à la perfection au milieu de l’agitation qui a précédé la Révolution entre luxure et obsession. J’ai trouvé intéressant d’explorer tous ces sentiments où l’on peut souffrir en se demandant si c’est de l’amour ou de la haine.

Que dire des costumes et perruques de votre personnage?

Les perruques sont énormes et lourdes. J’avais l’impression de tenir sur ma tête un ballon de football qui serait couvert de bijoux. J’apprécie comme jamais les fringues d’aujourd’hui après avoir porté tant de costumes étriqués et volumineux pour ce tournage. Les tenues de l’époque étaient aussi faites pour mettre les femmes dans des cages. Elles étaient loin d’être confortables à porter, mais fabuleuses à regarder.

Dans votre série, la fluidité des personnages n’a plus rien à voir avec «Les liaisons dangereuses» des versions précédentes…

Moi, je m’identifie comme queer (ndlr: d’après le «Larousse»: se dit d’une personne dont l’orientation ou l’identité sexuelle ne correspond pas au modèle social hétéronormé). Cela a toujours été une part de ma personne et je pense que Camille est tout aussi queer que moi. C’est certainement une version différente des «Liaisons dangereuses» qui explose les contraintes et refuse les stéréotypes du genre. Cette fluidité existe au fil des épisodes dans tout notre univers et nos personnages.

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