Actualisé 07.12.2010 à 18:12

GenèveDarbellay dope son parti en chantonnant

Le PDC du bout du lac a diffusé hier un clip vidéo électoral. Il persiste là où tant d'autres ont échoué.

de
Francesco Brienza

Christophe Darbellay ets venu prêter main forte aux Genevois.

«Nous allons vivre notre ville, et respecter ses valeurs, lui projeter le meilleur, et donner tout notre cœur». Les membres du PDC genevois, avec Christophe Darbellay en guest-star, reprennent ces paroles en chœur et en musique dans un clip de campagne pour les municipales de l'année prochaine.

L'exercice est périlleux et plusieurs formations ont déjà perdu des plumes à s'y risquer. A l'automne 2009, les Verts genevois avaient déjà subi, pour un clip du même genre, des moqueries qui provenaient non seulement de leurs adversaires politiques, mais aussi du public.

En France l'an dernier, le clip de l'UMP a également été la cible de railleries.

Mais alors, pourquoi s'obstiner? «Nous voulions faire parler du parti, en bien ou en mal», explique Michel Chevrolet, candidat PDC et compositeur de la musique. «Nous nous adressons surtout aux jeunes qui ne s'intéressent pas trop à la politique, avec un message simple, dans un bon état d'esprit et sans trop se prendre au sérieux.»

La crédibillité, c'est justement tout le problème de ce genre de vidéos, à en croire le professeur Thierry Herman, spécialiste en argumentation et communication à l'université de Neuchâtel. Pour lui, «le risque d'effet boomerang est considérable, et ce genre de clip décrédibilise le parti».

Même si on ne peut s'appuyer encore sur aucune analyse des bénéfices liés à cette pratique, «le clip de l'UMP aurait dû échauder les auteurs d'initiatives similaires», conclut Thierry Herman.

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