Valais: Darbellay écoeuré par des affiches salissant son père
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ValaisDarbellay écoeuré par des affiches salissant son père

Des pancartes placées au bord des routes traitent le papa du candidat au Conseil d'Etat de voleur. Une plainte a été déposée.

par
Mirko Martino
Keystone

«C'est juste scandaleux et dégoûtant d'attaquer ainsi un père de famille qui a travaillé toute sa vie et qui donne bénévolement de son temps pour les autres. Je suis écoeuré!» Christophe Darbellay ne mâche pas ses mots. Dans la nuit de mardi à mercredi, des affiches à son effigie sont apparues au bord des routes autour de Conthey, Fully et Savièse. Elles accusent son père, Arthur, d'avoir détourné 280'000 francs à l'Ecole d'agriculture de Châteauneuf en 2003, alors qu'il en était le directeur.

«Un paysan m'a appelé mercredi très tôt pour m'informer qu'il avait vu cette affiche, raconte le candidat PDC au Conseil d'Etat. Nos militants et les forces de l'ordre ont très vite et très bien réagi en les retirant. Une plainte a été déposée auprès de la police. Pour la suite, j'ai toute confiance en la justice de ce canton.»

La pancarte a également créé le buzz sur les réseaux sociaux. Le conseiller d'Etat UDC Oskar Freysinger, qui espère une réélection, a réagi sur sa page Facebook, qualifiant l'affaire d'abjecte. «J'ai déposé plainte contre X auprès du Ministère public car l'utilisation par les auteurs d'un graphisme rappelant les affiches de l'UDC pour l'expulsion des étrangers criminels est diffamatoire à mon égard, a écrit l'actuel chef du Département de la formation et de la sécurité, que vise Christophe Darbellay. J'ai aussi demandé que la police enlève ces affiches ignobles le plus vite possible. Cette campagne atteint des bassesses que je n'ai jamais vues.»

Pas de recommandation de vote

Dans un 2e tour où Christophe Darbellay, ses colistiers du PDC Jacques Melly et Roberto Schmidt et la socialiste du Haut-Valais Esther Waeber-Kalbermatten devraient vraisemblablement terminer en tête, la lutte pour le cinquième siège risque d'être serrée entre le sortant Oskar Freysinger (UDC), Stéphane Rossini (PS) et Frédéric Favre (PLR). S'il souhaite barrer la route du premier des trois, l'ancien président du PDC suisse n'a aucune préférence entre les deux suivants. «Si c'est Favre, cela permettrait d'avoir un gouvernement représentant le 80% des électeurs du Canton avec un homme de l'économie, jeune et talentueux, estime-t-il. Avec Rossini on aurait un politicien expérimenté, intelligent et avec un large réseau. Je travaillerai avec ceux que le Peuple aura élus.»

Elu, mais toujours candidat

Assuré d'une élection au Conseil d'Etat avant même le 2e tour du 19 mars grâce à un point de la Constitution valaisanne qui garantit un siège à chacune des trois régions constitutionnelles du Canton - il est le seul en lice pour représenter le Bas-Valais -, Christophe Darbellay appelle néanmoins ses électeurs à se rendre massivement aux urnes. «Je ne suis pas l'homme des quotas, je veux être l'élu du peuple», martèle celui qui vise un bon score pour pouvoir revendiquer le Département de la formation et de la sécurité, actuellement dirigé par l'UDC Oskar Freysinger. Barrer la route de ce dernier est l'autre argument avancé par l'ancien conseiller national. «C'est un système de vases communicants, image-t-il. Toute démobilisation de notre camp peut mobiliser dans le camp de nos adversaires.»

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