Suisse: Darbellay père pour la 4e fois, après une infidélité

Actualisé

SuisseDarbellay père pour la 4e fois, après une infidélité

L'ancien chef du PDC est une nouvelle fois devenu papa, mardi dernier. Mais son épouse n'est pas la mère de l'enfant. Dans un entretien à «SonntagsBlick», le politicien s'excuse.

par
ofu
Christophe Darbellay: «Je regrette profondément ce que j'ai fait.»

Christophe Darbellay: «Je regrette profondément ce que j'ai fait.»

photo: Keystone

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) a mis la famille au centre de sa politique. Durant les années passées à la tête du parti, Christophe Darbellay n'a cessé de prôner les valeurs qui s'y attachent. Or, dans un entretien accordé ce dimanche à «SonntagsBlick», le Valaisan avoue ouvertement avoir commis une «grave erreur» en décembre dernier.

Le politicien explique ainsi être devenu père pour la 4e fois mardi après avoir trompé son épouse. L'ancien conseiller national précise que les derniers mois ont été très éprouvants puisqu'il n'a avoué son adultère que quelques jours avant la naissance de son enfant extra-conjugal.

«Je me suis excusé auprès de mon épouse»

«Ma femme a été très blessée, mais elle a quand même décidé de rester à mes côtés pendant cette période difficile. Nous essayons désormais de trouver la force pour surmonter cette épreuve ensemble», explique Christophe Darbellay au dominical. Et d'ajouter: «Je regrette profondément ce que j'ai fait. Je me suis excusé auprès de mon épouse et de ma famille.»

Le Valaisan compte néanmoins assumer ses responsabilités et a reconnu officiellement son 4e enfant. Il a également pris toutes les dispositions pour soutenir financièrement son bambin.

«Cette affaire relève de sa sphère privée»

Christophe Darbellay a dirigé le PDC pendant plusieurs années et a siégé an conseil National jusqu'en 2015. L'année prochaine, il espère pouvoir intégrer le conseil d'Etat valaisan. Le politicien sait qu'il a déçu de nombreux amis et électeurs avec son comportement: «Je suis réellement navré et leur demande pardon.»

Contacté, le PDC précise que cette affaire ne remet pas en cause le bilan et les compétences d'homme politique du Valaisan. «Le fait qu'il assume ses responsabilités dans cette affaire correspond à nos attentes envers lui. Cette affaire relève purement de sa sphère privée et doit être réglée au sein de la famille Darbellay», fait savoir le porte-parole du parti, Thomas Jauch.

«Certains se sont montrés très déçus»

«Christophe Darbellay m'a averti la semaine passée. Nous avons dans un premier temps parlé de sa famille, du facteur humain, et non de politique. Ce qui a été important pour moi c'est qu'il reconnaisse son erreur et l'assume. Chose qu'il a faite. C'était pour moi un élément essentiel. Le contraire n'aurait pas été compatible avec le PDC», affirme de son côté Serge Métrailler, président de la section du Valais romand. Selon lui, il a fallu beaucoup de courage et de force de la part de monsieur Darbellay et sa femme pour faire face à cette situation ensemble. «C'est très noble de leur part que de s'engager sur ce chemin ensemble. Et ça, au final, ce sont aussi des valeurs propres à notre parti.»

Serge Métrailler ajoute par ailleurs avoir reçu des réactions «très contrastées» de la part des électeurs du parti: «Certains se sont montrés déçus et en empathie avec les personnes concernées. D'autres personnes m'ont dit ne pas juger parce que personne ne voudrait qu'on sache ce qui se passe dans leur chambre à coucher.»

«Les conservateurs ne vont pas lui pardonner cette affaire»

Marcus Knill, conseiller en communication, pense que le PDC va s'en sortir sans avoir subi trop de dommages: «C'est une chance pour le parti que Christophe Darbellay ne soit pas plus président du groupe. Dans ce cas, l'image du parti en aurait beaucoup souffert. Mais je pense que le PDC s'en tirera à bon compte, d'autant plus qu'il a communiqué de manière exemplaire.»

A la question de savoir comment l'électorat réagira aux aveux du Valaisan, Marcus Knill répond: «Je pense que les électeurs conservateurs, pour qui les valeurs comme la fidélité sont très importantes, seront déçus et ne vont pas lui pardonner cette affaire. Mais ceux se situant du côté un peu plus libéral ne vont pas émettre de jugements de valeur. Ces personnes vont plutôt louer sa franchise et rappeler que personne n'est parfait.»

Pour finir, l'expert pense que Darbellay ne s'est pas rendu service avec ce faux pas, d'autant plus qu'il souhaite intégrer le conseil d'Etat valaisan l'an prochain. Mais selon Marcus Knill, tout n'est pas encore joué: «Rappelons-nous que Bill Clinton n'a pas trop mal surmonter le scandale Lewinsky.»

Ton opinion