Actualisé 09.07.2020 à 07:12

Accusation de viol

Darmanin a «le droit à la présomption d'innocence»

Le ministre, dont la nomination a provoqué la colère et l'indignation des associations féministes, a déclaré n'avoir «évidemment» rien à se reprocher.

Gérald Darmanin le 8 juillet.

Gérald Darmanin le 8 juillet.

AFP

Le nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol, a dit jeudi «avoir le droit à la présomption d'innocence» et affirme avoir demandé à ne pas avoir de remontées d'informations sur les affaires le concernant.

«Je ne commente pas les affaires de justice en général et pas la mienne depuis 3 ans en particulier. Je constate simplement qu'il y a eu trois décisions de justice, deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite et un non lieu rendu par deux juges d'instruction (...) alors il me semble qu'au bout de trois décisions de justice, on peut penser que j'ai le droit à la présomption d'innocence», a déclaré M. Darmanin sur RTL.

Le ministre, dont la nomination à l'Intérieur a provoqué la colère et l'indignation des associations féministes, a déclaré n'avoir «évidemment» rien à se reprocher et marcher «la tête haute».

Il a affirmé avoir, dès sa prise de fonction, écrit une lettre à son administration «pour n'avoir aucune information ni moi-même, ni mon cabinet, en ce qui me concerne».

«Je suis à la disposition des magistrats», a-t-il souligné. «Je me rendrais à n'importe quelle convocation des magistrats instructeurs», a-t-il complété.

C'est une «situation pas facile à vivre pour ceux qui sont accusés à tort», pour «votre famille, vos amis, votre réputation», a fait valoir M. Darmanin.

«Le combat politique fait naître de drôles de choses», a-t-il relevé.

Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009, lorsqu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

Selon ses déclarations, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de «passer à la casserole», ainsi qu'elle l'a expliqué aux enquêteurs. M. Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais selon lui, librement consentie.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

«La décision rendue est une décision de forme et pas de fond», a commenté sur RTL M. Darmanin.

(ATS)

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6 commentaires
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Ben 55

09.07.2020 à 08:58

Certes il y a la présomption d’innocence! Mais même avec ce principe, un ministre qui plus est de l’intérieur, doit être clean!

arno

09.07.2020 à 08:05

Darmanin n'aurait pas dû accéder à ce poste de nin7stre de l'Intérieur, pas plus qu'à un autre, son cas étabnt pendant en justice, donc pas terminée. La présomption d'innocence n'est pas un laisser-passer à une fonction aussi haute au gouvernement ni ailleurs. Rappelons que tout criminel même ayant avoué bénéficie de cette présomption tant qu'ils n'ont pas été jugés et reconnus coupables à l'issue d'un procès.

A poële

09.07.2020 à 08:03

« Se sentir obligée de passer à la casserole »: voilà une expression qui rappelle le « à l’insu de son plein gré » de Richard Virenque.