Syrie: Davantage d'inspecteurs déployés
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SyrieDavantage d'inspecteurs déployés

Une deuxième équipe d'inspecteurs sera envoyée en Syrie afin d'augmenter le rythme des vérifications de l'arsenal chimique syrien et leur destruction, a annoncé mardi l'OIAC.

«La deuxième équipe va compléter l'équipe de reconnaissance, composée d'experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui sont en Syrie depuis le 1er octobre pour les activités de vérification et de destruction», a précisé dans un communiqué l'organisation, basée à La Haye.

Aucun détail sur sa composition ou sa date de départ vers Damas n'a néanmoins été communiqué.

Lundi, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a recommandé la création d'une mission conjointe OIAC-ONU d'une centaine d'hommes. La première équipe, arrivée à Damas le 1er octobre et composée d'une vingtaine d'experts, a supervisé dimanche la destruction par des personnels syriens des premières têtes de missiles, bombes et d'équipements visant à fabriquer des armes chimiques.

L'opération est délicate. Ban Ki-moon a prévenu que la mission devra «traverser des lignes de front et, dans certains cas, des territoires contrôlés par des groupes» hostiles. Les quelque 1000 tonnes de produits toxiques à éliminer sont des matières «dangereuses à manier, dangereuses à transporter et dangereuses à détruire», a-t-il rappelé.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part salué la coopération de Damas. «La direction syrienne s'est mise très activement à ce travail et agit de manière très transparente», a-t-il déclaré en marge du sommet Asie-Pacifique à Bali. Les experts internationaux et les Etats-Unis avaient déjà souligné lundi la bonne coopération du gouvernement syrien.

Plus de quatre millions de déplacés

Alliée du régime syrien, la Russie a été à l'origine, en septembre, de la proposition de démanteler l'arsenal chimique syrien. Elle écartait ainsi in extremis la menace de frappes occidentales après un massacre près de Damas.

L'ONU estime que les rangs des 4,25 millions de déplacés et deux millions de réfugiés syriens pourraient grossir chacun de plus de deux millions d'individus en 2014. La population syrienne était évaluée à 20 millions d'habitants avant le début du conflit.

Dans ce contexte, M. Poutine a évoqué avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry la conférence de paix «Genève 2», que Moscou et Washington cherchent à organiser mi-novembre. «Les Etats-Unis ne veulent pas qu'Al-Qaïda viennent au pouvoir en Syrie, non? Nous ne le voulons pas non plus. Nous avons des objectifs communs», a-t-il expliqué, assurant que les divergences n'étaient que tactiques.

Raid sur le Liban

Moscou propose d'inviter des grands pays à majorité musulmane, notamment l'Indonésie, à cette conférence. Mais l'ordre du jour de la rencontre reste un obstacle de taille: Damas exclut qu'elle aboutisse à l'éviction de Bachar al-Assad, alors que l'opposition exige que le président syrien soit écarté de toute transition politique.

Sur le terrain, l'aviation a mené mardi des frappes contre une offensive rebelle d'envergure sur deux bases militaires essentielles pour le régime, celle de Wadi Deif et celle voisine de Hamidiyé, dans la province d'Idleb (nord-est).

Le président libanais Michel Sleimane a dénoncé un raid de Damas qui a visé une ambulance dans l'est du Liban, sans faire de blessé. L'aviation syrienne vise régulièrement des cibles dans la zone d'Arsal, à la frontière entre le Liban et la Syrie. Cette région, où la population principalement sunnite est favorable aux rebelles syriens, voit transiter armes et combattants vers la Syrie depuis mars 2011.

(ats/afp)

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