Actualisé 24.03.2015 à 14:38

Grande-Bretagne

David Cameron ne briguera pas un troisième mandat

L'annonce impromptue par le Premier ministre britannique qu'il ne briguerait pas un troisième mandat s'il est réélu en mai a pris de court ses amis politiques comme ses opposants.

C'est dans la cuisine de sa résidence de l'Oxfordshire (centre), sa circonscription, que David Cameron, 48 ans, a lancé cette «bombe» politique, dixit «The Guardian» qui, comme l'immense majorité des médias britanniques, consacrait mardi sa une au sujet.

Le dirigeant conservateur était interrogé par un journaliste de la BBC dans le cadre d'une série de portraits consacrés aux candidats au scrutin du 7 mai. Le ton est détendu, presque informel, M. Cameron est en chemise, manches retroussées à mi-bras.

«Pourriez-vous briguer un troisième mandat?», demande le reporter de la BBC. «Non», répond immédiatement le dirigeant conservateur. «J'ai dit que je me représenterai pour un second mandat complet», ajoute M. Cameron, élu en 2010 face au travailliste Gordon Brown. «Deux (mandats) c'est bien, trois ce serait trop», a-t-il insisté.

Patatras! Pour les analystes politiques, cette confidence pourrait «re-paramétrer» la campagne électorale pour les législatives. Et coûter cher aux tories.

«M. Cameron a potentiellement ouvert la boîte de Pandore», notait le reporter de la BBC qui a recueilli cette exclusivité. «Il a invité (la classe politique) et le pays à imaginer le jour où il ne serait plus Premier ministre».

Arrogance

Douglas Alexander, le chef de campagne du Labour, a d'ailleurs aussitôt fustigé «l'arrogance typique de David Cameron» consistant à présumer que les conservateurs vont remporter le scrutin «avant même que les Britanniques aient eu la chance de s'exprimer».

Le Premier ministre n'a pas non plus été épargné par ses propres alliés du parti libéral-démocrate (centre), membre de la coalition gouvernementale. «C'est incroyablement présomptueux de la part de David Cameron de se préoccuper d'un éventuel troisième mandat à quelques semaines des élections», a souligné un porte-parole des Lib-Dém.

Trois successeurs désignés

Réagissant aux critiques, M. Cameron a répliqué qu'il ne tenait «absolument rien pour acquis» et qu'il s'était contenté d'apporter une «réponse très directe» à une «question très directe».

S'il a potentiellement bouleversé la campagne, M. Cameron a également ouvert une course à sa succession à la tête des Tories qui pourrait vampiriser un éventuel deuxième mandat.

Quant à l'identité de son successeur, M. Cameron a lui-même suggéré les noms de trois personnalités soupçonnées de lorgner sur le 10, Downing Street: la ministre de l'Intérieur Theresa May, le ministre des Finances George Osborne et le maire de Londres Boris Johnson. (ats)

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