Chine: De 7 mois à 3 ans de prison pour les Hongkongais arrêtés en mer
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ChineDe 7 mois à 3 ans de prison pour les Hongkongais arrêtés en mer

Pour avoir tenté de s’enfuir vers Taïwan, dix militants pro-démocratie hongkongais ont été condamnés à de la prison ferme par un tribunal chinois.

Un total de 12 hommes, dont le plus jeune était âgé de 16 ans, avaient été arrêtés en mer par les gardes-côtes chinois le 23 août, avant d’être remis à la police de Shenzhen. (Photo Noel Celis / AFP)

Un total de 12 hommes, dont le plus jeune était âgé de 16 ans, avaient été arrêtés en mer par les gardes-côtes chinois le 23 août, avant d’être remis à la police de Shenzhen. (Photo Noel Celis / AFP)

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Entre sept mois et trois ans de prison: la justice chinoise a condamné mercredi de façon relativement clémente 10 Hongkongais qui avaient tenté de fuir leur ville en bateau, après des appels occidentaux à les libérer.

Ces militants pro-démocratie ont quitté la ville après l’imposition en juin par Pékin d’une loi draconienne sur la sécurité nationale à Hong Kong, territoire autonome chinois. Ils voulaient se réfugier à Taïwan, île au régime démocratique.

Ils avaient été arrêtés en mer par la police maritime chinoise à 70 km des côtes hongkongaises le 23 août, avant d’être placés en détention à Shenzhen (sud) en Chine continentale. Leur procès s’est déroulé lundi.

Condamnation controversée

Voyant en ces Hongkongais les victimes de la «tyrannie» imposée par Pékin à Hong Kong depuis juin, les Etats-Unis avaient demandé leur libération immédiate. L’Union européenne (UE) exigeait «leur retour rapide» sur le sol hongkongais.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab avait de son côté indiqué que Londres, ex-puissance coloniale à Hong Kong, était «profondément préoccupé» par le fait que les militants «ont été jugés au secret».

Deux des Hongkongais ont écopé respectivement de trois et deux ans de prison en raison de leur rôle d’«organisateur dans ce passage illégal de frontière», a annoncé mercredi le tribunal du district de Yantian à Shenzhen, où ils étaient jugés. Ils encouraient jusqu’à sept ans de détention.

Huit autres hommes, simples passagers, ont été condamnés à 7 mois de prison pour «passage illégal de frontière». La peine maximale prévue était d’un an. Ils devraient pouvoir sortir de prison dans trois mois si la justice prend en compte le temps qu’ils ont passé en détention préventive.

«Culpabilité»

Ces 10 adultes ont «reconnu leur culpabilité» au cours du procès, a assuré le tribunal dans un communiqué, ce qui explique en partie la relative légèreté des peines. Tous ont écopé d’amendes allant de 10’000 à 20’000 yuans (1350 à 2700 francs suisses).

Concrètement, la justice leur reprochait le passage sans autorisation de Hong Kong à la Chine continentale. Un trajet qui nécessite la détention d’un permis spécial et une entrée par un poste-frontière réglementaire.

Par ailleurs, deux mineurs hongkongais de 16 et 17 ans qui étaient également à bord du bateau ont été remis mercredi aux autorités de Hong Kong. Ils sont arrivés dans la ville de 7,5 millions d’habitants vers midi.

Aucune charge n’a été retenue contre eux, notamment car ils avaient eux-aussi «reconnu leur culpabilité», a indiqué le Parquet du district de Yantian à Shenzhen.

Le procès des 10 adultes s’était tenu lundi. Conformément aux habitudes d’une justice chinoise opaque et politisée, il n’était pas ouvert à la presse étrangère.

Les familles des prévenus n’ont elles été informées de la date de l’audience que trois jours avant qu’elle n’ait lieu.

Et les avocats choisis par les proches des détenus n’ont pas pu rencontrer les prévenus, les autorités chinoises leur ayant désigné des avocats commis d’office.

Loi contestée

Certains des Hongkongais condamnés mercredi étaient déjà menacés de poursuites à Hong Kong pour leur implication dans les immenses manifestations ayant secoué la ville l’an dernier.

La contestation a été étouffée début 2020 par l’épidémie de Covid-19, qui a entraîné la fin des manifestations, puis par l’imposition de la nouvelle loi sur la «sécurité nationale» taillée sur-mesure pour le territoire.

Pour Pékin, il s’agit d’assurer la stabilité, de mettre fin au vandalisme ayant émaillé les manifestations de 2019, ainsi que d’y réprimer le courant militant pour l’indépendance -- ligne rouge absolue pour le pouvoir. Les détracteurs de la loi estiment qu’elle a réduit à néant les libertés du territoire, garanties lors de sa rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Depuis plus de vingt ans, Hong Kong jouissait en effet d’une large autonomie. En vertu du principe «Un pays, deux systèmes», ses habitants bénéficiaient notamment de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et d’une justice indépendante.

(AFP/NXP)

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