Actualisé 11.07.2018 à 09:40

Objets trouvés

De bonnes âmes défient la bureaucratie des CFF

Alors qu'un voyageur étranger peinait à récupérer son sac oublié dans un train, un seul coup de fil et de la bonne volonté ont été plus efficaces que la recherche rapide payante des CFF.

de
Pauline Rumpf
En gare de Vevey, le sac d'un voyageur a pu être retrouvé pour lui permettre in extremis de prendre son avion le lendemain.

En gare de Vevey, le sac d'un voyageur a pu être retrouvé pour lui permettre in extremis de prendre son avion le lendemain.

DR

En visite en Suisse, Alan et sa famille, d'origine britannique mais vivant au Qatar, ont pu goûter cet été aux limites de la fameuse bureaucratie helvétique.

«Mais Monsieur, il n'y a pas de code postal au Qatar...»

Lors d'un moment de stress, le petit groupe a oublié un sac dans le train en sortant à Genève. La loi de Murphy a voulu qu'il contienne le passeport d'Alan, qui prenait l'avion le lendemain pour rentrer chez lui. Logiquement, il s'est donc précipité au guichet pour qu'on le lui mette de côté, prêt à traverser la Suisse romande pour aller le récupérer au plus vite.

Seul souci: lors d'une scène digne d'un roman de Kafka, le touriste s'est retrouvé face à un employé des CFF ne parlant pas un mot d'anglais, peinant à remplir le formulaire de recherche rapide (lire encadré) vu l'incompatibilité des standards internationaux. «Il n'y a pas de code postal au Qatar», a vainement tenté d'expliquer Alan. Pendant ce temps, le train emportait le sac de plus en plus loin sans qu'aucune notification n'ait encore été lancée.

Un téléphone et de la bonne volonté

Entendant par hasard cette ardue conversation, une jeune femme s'est arrêtée pour prêter main-forte à l'Anglais désemparé. Barbara a donc dû lui expliquer qu'il ne pourrait récupérer son sac, et donc son passeport, que quatre jours plus tard, ou que les CFF se proposaient de le lui envoyer chez lui au Qatar. En sachant qu'il prenait l'avion le lundi, et qu'on était dimanche.

Exaspérée, voyant qu'une solution rapide devenait impossible, la jeune femme a alors décidé de contourner le système. Barbara a sorti son téléphone pour appeler une amie habitant sur le trajet du train. Pour Alan, les chances d'attraper son avion semblaient de plus en plus minces.

«Mission accomplie, un tellement bon feeling!»

«Je suis montée à Vevey, dans le wagon indiqué par Alan, raconte Tamara, complice de Barbara. J'ai trouvé ce sac noir, j'ai demandé si c'était à quelqu'un, mais personne n'a répondu, donc je l'ai récupéré. Par chance un contrôleur avait accepté d'attendre que je ressorte avant de faire repartir le train.» Encore un petit coup de fil, et Alan et sa famille sont arrivés par le train suivant pour venir chercher le précieux objet.

«Mission accomplie, avec de l'adrénaline, mais surtout un tellement bon feeling! résume Tamara après cet épilogue inespéré. Alan et sa famille étaient hypercontents et très reconnaissants, et m'ont offert du vin.»

Parfois, la chance sourit aux voyageurs spéciaux

Outre leur réponse (lire encadré), les CFF rappellent que la chance sourit parfois aux voyageurs, par exemple au président de l'EPFL Martin Vetterli, qui s'est réjoui sur Twitter.

Impossible de lancer une recherche express à chaque fois

Contactés, les CFF se réjouissent que l'histoire de ce client se termine bien. Ils rappellent que quelque 300 objets perdus sont collectés chaque jour et qu'il est donc impossible de mobiliser du personnel pour des recherche express à chaque fois. «Tous les objets collectés sont envoyés à notre centrale à Berne, qui les recense afin de retrouver leur propriétaire, ce qui prend quelques jours», explique Frédéric Revaz, porte-parole des CFF. Pour les voyageurs, l'avis de perte au guichet coûte 15 francs et l'ordre de recherche, conseillé pour les objets précieux, 50 francs. En cas de restitution, une taxe supplémentaire est demandée selon le type d'abonnement du client. Les objets non réclamés finissent par être vendus aux enchères.

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