Suisse: De faux diagnostics en raison de références inadaptées?
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SuisseDe faux diagnostics en raison de références inadaptées?

La Société suisse de pédiatrie se réfère à des courbes de croissance qui ne seraient pas adaptées à la Suisse, critiquent des experts.

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ofu

Les parents le savent: le poids et la taille de leur enfant sont deux points que les médecins contrôlent quasi systématiquement lors des contrôles de routine. Ils se réfèrent alors à des valeurs moyennes pour savoir si l’enfant ou l’adolescent est en surpoids ou si sa croissance est normale pour sa tranche d’âge.

La «NZZ am Sonntag» révèle ce dimanche que les experts en Suisse ne sont pas tous du même avis quant à la pertinence des normes sur lesquelles les médecins se basent. La Société suisse de pédiatrie (SSP) se réfère ainsi aux courbes de croissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Une grave erreur au détriment du bien de l’enfant», estime Urs Eiholzer, chercheur dans le domaine de la croissance. Ces données ne seraient pas adaptées à la Suisse puisqu’elles proviennent de pays tels que le Ghana ou les États-Unis. Elles seraient par ailleurs trop vieilles puisqu’elles ont en partie été récoltées il y a plus de trente ans. L’expert rappelle que la croissance et le poids varient d’un pays à un autre et d’une population à une autre. Raison pour laquelle les courbes de l’OMS sont totalement inadaptées, conclut Urs Eiholzer, qui enseigne à l’Uni de Zurich.

Traitements superflus

Les conséquences, selon lui, sont de faux diagnostics concernant notamment des troubles de la croissance et des problèmes de surpoids. Le nombre d’enfants et d’ados en surpoids serait ainsi deux fois moins élevé que celui obtenu par les courbes de l’OMS. Des jeunes suivent donc des traitements superflus, estime-t-il.

Urs Eiholzer dirige un centre privé spécialisé en pédiatrie et endocrinologie, réunissant plusieurs dizaines de médecins alémaniques. Ce centre a récemment publié des données de référence concernant la croissance de jeunes dont l’âge varie de 0 à 20 ans. Elles se basent sur des mesures effectuées sur environ 30’000 personnes en Suisse. Et selon le dominical, ces données diffèrent fortement de celles avancées par l’OMS.

Urs Eiholzer lance désormais un appel aux professionnels du métier afin qu’ils se fient à ses données et non à celles de l’OMS. Il rappelle par ailleurs que l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche disposent de leurs propres courbes de croissance nationales.

Interrogé, le président de la SSP, Gian Paolo Ramelli, estime qu’il est «légitime» de se demander si ces nouvelles courbes de croissance devraient remplacer les actuelles. «Nous allons effectuer les évaluations nécessaires avec professionnalisme.» Il note cependant que cela nécessite du temps et que les priorités actuelles sont ailleurs, notamment à cause de la crise du coronavirus.

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159 commentaires
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Richard

21.09.2020, 10:36

En attendant ourquoi ne pas prendre les normes allemandes.

Clara

21.09.2020, 06:47

L’OMS c’est pas les mêmes qui nous ont donné des chiffres et des normes farfelus pour le COVID?????Visiblement ils ont de gros problèmes avec les chiffres !

xena

21.09.2020, 06:13

n importe quoi. pourquoi chercher des problèmes là où ils n y en n a pas 👎😡