Actualisé 15.01.2016 à 11:05

Attentats à Paris

De jeune «effacé et introverti» à kamikaze

Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain de 25 ans, a été identifié en comparant l'ADN retrouvé sur son corps dans l'appartement de Saint-Denis et le profil génétique de sa mère.

de
cga/afp
1 / 277
kein Anbieter
23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

BFM TV
16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

Capture d'écran BFM TV

Les enquêteurs ont mis un nom sur un huitième membre des commandos du 13 novembre: le kamikaze qui s'est fait exploser cinq jours après les attentats dans un appartement de Saint-Denis est Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain de 25 ans. Le Parquet de Paris a annoncé jeudi son identification par la comparaison «entre le profil génétique extrait sur le kamikaze» qui était mort durant l'assaut policier du 18 novembre en banlieue parisienne «et celui de la mère de Chakib Akrouh».

Parti en Syrie en janvier 2015

Dans ce logement avaient également trouvé la mort le jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs des attaques qui avaient fait 130 morts, et la cousine de ce dernier, qui leur avait procuré cette planque. Selon une source proche du dossier, ce nom avait été communiqué fin 2015 par la justice belge, sur la foi d'une photographie d'Akrouh. Celui-ci était parti de Bruxelles début janvier 2015 en Syrie, en compagnie de six ou sept autres personnes.

Ce jeune originaire du quartier bruxellois de Molenbeek avait aussi été condamné en juillet par défaut à cinq ans d'emprisonnement lors du procès, en Belgique, d'une importante filière syrienne qui avait vu Abaaoud écoper, lui aussi en son absence, d'une peine de 20 ans, selon des médias belges. Son ADN a été retrouvé sur une kalachnikov dans la Seat abandonnée à Montreuil, au nord-est de Paris, après avoir été utilisée par le commando des terrasses, qui a assassiné 39 personnes dans des bars et restaurants parisiens.

Les enquêteurs pensent donc qu'Akrouh est, avec Abaaoud et un autre Bruxellois, Brahim Abdeslam, le troisième membre de ce groupe. Il est aussi sans doute celui qui a été filmé avec Abaaoud dans le métro juste après les attaques, avant de se dissimuler dans un «buisson» en bord d'autoroute à Aubervilliers puis de mourir dans la planque de Saint-Denis. Brahim Abdeslam est, lui, mort en kamikaze au Comptoir Voltaire tandis que son cadet, Salah, dont les enquêteurs pensent qu'il a convoyé les kamikazes du Stade de France, est en fuite.

«Un garçon comme les autres, discret et réservé»

Celui qui est décrit comme un jeune homme «effacé» et «introverti», selon une source citée par «Le Soir», laisse une famille, originaire de Molenbeek comme les frères Abdeslam, «sous le choc». «Mon cousin était un garçon normal. Je savais qu'il était parti en Syrie, mais je n'ai jamais été en contact avec lui. Personne ne pouvait y croire. Il a été endoctriné», a réagi son cousin dans la presse flamande et selon des propos traduits par 7s7. «On ne comprend pas ce qui arrive. Il était aux études. C'était un garçon comme les autres, discret et réservé. Sa mère a perdu la tête avec cette histoire», a ajouté la tante de Chakib Akrouh.

Les assaillants du Bataclan, qui ont tué 90 personnes, sont trois Français, Samy Amimour, Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad, tous trois morts dans la salle de spectacles parisienne. Bilal Hadfi, un Bruxellois, s'est fait exploser près du Stade de France. Les deux autres kamikazes du Stade de France se sont mêlés à l'automne au flot des migrants, utilisant des passeports syriens avec de fausses identités: Ahmad Al-Mohammad et Mohammad Al-Mahmod.

Deux hommes, dont l'identité n'a pas été précisée, sont détenus en Autriche. Ils ont un lien avec Ahmed Dahmani, Belgo-Marocain détenu en Turquie, où il était arrivé le lendemain des attentats. Soupçonné d'avoir joué un rôle logistique, Mohamed Abrini, qui évoluait également dans la mouvance islamo-délinquante de Molenbeek, est en fuite.

Nombreuses questions en suspens

De nombreuses questions demeurent. Les enquêteurs cherchent à déterminer qui est, ou sont, le ou les hommes qui étaient, depuis Bruxelles, en contact avec les commandos au soir des attentats, semblant jouer un rôle de coordination. De même, qui est cette personne en possession d'un téléphone portable entré en France vers 19h le 13 novembre, avant de traverser la Somme, d'arriver en région parisienne vers 21h, de «borner» près de différents lieux des attentats, puis dans le XVIIIe arrondissement de Paris et en Seine-Saint-Denis?

Qui se cache derrière les pseudonymes Samir Bouzid et Soufiane Kayal? Des papiers belges à ces noms avaient été présentés lors d'un contrôle routier en Autriche en septembre par deux hommes qui voyageaient avec Salah Abdeslam. Et c'est un homme se présentant comme Bouzid qui avait envoyé un mandat à la cousine d'Abaaoud pour payer la planque de Saint-Denis.

Outre la Belgique, la Syrie est le terreau des attentats les plus meurtriers de l'histoire de France: Akrouh, Abaaoud, Mostefaï, Amimour, Mohamed-Aggad, Hadfi et sans doute les deux détenteurs de passeports syriens y ont combattu. Les frères Abdeslam ont semblé songer à s'y rendre, sans qu'un séjour ait été établi.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!