Actualisé 03.02.2011 à 08:07

Santé

De l'amiante présent un peu partout au CHUV?

Chaque année, le centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) consacre 250'000 francs pour se débarrasser d'amiante. Ce minéral cancérigène est présent sur ses murs, ses sols et ses plafonds.

de
Grégoire Corthay
Des travaux ont lieu actuellement à la «Stérilisation Centrale» du CHUV.

Des travaux ont lieu actuellement à la «Stérilisation Centrale» du CHUV.

«Depuis le 26 janvier des travaux de désamiantage se déroulent au CHUV. Ils ont lieu au service de stérilisation en plus! C'est là où tous les instruments sont retraités et renvoyés dans les services où ceux-ci sont réutilisés», dénonce une employée du CHUV qui a contacté «20 minutes».

«Ce chantier, au niveau 4 du bâtiment, va durer plus de 3 semaines, selon le planning affiché sur un mur, et le personnel du CHUV n'en a pratiquement pas été informé», affirme l'employée qui s'inquiète de l'affichage de panneau «Stop amiante» mettant en garde contre le minéral cancérigène (cf. encadré et vidéo ci-dessous).

Des travaux lourds à prendre au sérieux

Contactée par «20 minutes», la direction du centre hospitalier universitaire vaudois confirme l'existence de ce chantier et souligne qu'il n'a toutefois «rien d'exceptionnel». Elle assure que le personnel en a bien été informé et note que les travaux de désamiantage sont tellement courants depuis deux ans au CHUV que sa direction n'estime pas nécessaire de les communiquer à la presse.

«Sur l'ensemble des sites du CHUV, nous avons une dizaine de chantiers liés à l'amiante par an. Ils ne sont jamais anodins et il y a matière à être inquiet dans chaque cas. Dès que de l'amiante est repérée, nous n'épargnons aucun effort pour que les choses soient faites pour s'en débarrasser dans les règles de l'art», explique Darcy Christen, porte-parole du CHUV.

Une procédure très stricte pour désamianter

«A chaque fois, il s'agit de travaux lourds souvent relativement longs en raison de procédures très strictes pour limiter les risques. Pour le chantier à la «Stérilisation Centrale», il faudra compter environ une semaine: 2 jours d'installation, 3 jours d'assainissements et 48 heures pour les analyses de l'air. Ces procédures sont devenues exemplaires depuis les expositions détectées sur le site de Cery. A la fin des travaux, on procède à une nouvelle analyse de l'air et si la qualité de la décontamination ne paraît pas totalement maîtrisée, on repart pour un tour… », poursuit Darcy Christen.

Dans le cas des locaux de la «Stérilisation Centrale», ce sont des travaux de rénovation du carrelage ont fait apparaître l'existence d'amiante dans les joints et la colle des carrelages, relève Darcy Christen. Une entreprise spécialisée a alors été mandatée et procède actuellement à l'assainissement du site.

La santé des patients et du personnel pas menacée?

L'amiante au CHUV est généralement débusquée lorsque des travaux généraux d'entretien ou de rénovation sont planifiés. Des prélèvements et analyses sont alors effectués sur le site concerné pour déterminer s'il y a de l'amiante et pour décider – le cas échéant – des mesures nécessaires pour procéder à la décontamination totale du site.

Au niveau des coûts, l'institution rapporte consacrer annuellement environ 250'000 francs entre les assainissements et les analyses de matériaux et les prélèvements de l'air. Les frais du seul chantier actuel se montent à 17'000 francs.

Concernant le fait de savoir si l'amiante représente un danger pour les collaborateurs et les patients du CHUV, l'institution relève que tous les travaux se font «avec vérification de l'unité «Santé et sécurité au travail» du CHUV». «Aucun cas d'employé du CHUV victime de l'amiante n'est connu à ce jour», conclut Darcy Christen.

Les dangers de l'amiante expliqués par la SUVA

L'amiante: un risque souvent mésestimé

Aujourd’hui, le risque lié aux produits amiantifères est souvent mésestimé, explique la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA). En Suisse plus d'un millier de personnes sont déjà décédées des suites d'une contamination à l'amiante et chaque année une centaine de personnes meurent parce qu'elles ont inhalé de la poussière d’amiante dans le cadre de leur travail, souligne la SUVA.

Il suffit d'une faible concentration de fibres d’amiante dans l’air pour provoquer une tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome) ou un cancer du poumon. L'apparition d'un mésothéliome peut se produire jusqu'à 40 ans après l'inhalation des fibres d'amiante responsables. Il s'agit d'une maladie généralement incurable.

L'amiante est interdit en Suisse depuis 1990, mais de nombreux produits en contiennent encore (fibrociment, revêtements de sol, isolants). Ses victimes sont généralement des personnes qui travaillaient autrefois dans différentes branches impliquant un contact avec de l'amiante ou des produits et matériaux amiantifères, précise la SUVA.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!