Actualisé 12.01.2010 à 20:36

Comédie

De l'art de bien charrier les êtres qu'on aime

Michel Blanc ne réalise pas «Une petite zone de turbulences», mais le film porte sa griffe. Profondément.

de
Fred Ferrari

C'est l'histoire de Jean-Pierre,­ un néo-retraité à l'aise dans ses finances, que tout se met soudain à contrarier: la tache brune sur son dos qu'il prend pour une tumeur, son futur gendre (formidable Gilles Lellouche) qu'il estime trop prolétaire pour sa fille (Mélanie Doutey), sa femme (Miou-Miou) qui le trompe avec un ancien collègue mais qu'il n'arrive pas à détester... L'histoire d'un M. Tout-le-monde juste un peu plus hypocondriaque, un peu plus cynique que le commun des mortels, et de sa petite famille en plein pétage de plombs collectif.

Tout le charme d'«Une petite­ zone de turbulences» réside dans son chapelet de situations comiques et, surtout, de répliques qui les dynamisent. De vraies répliques de cinéma. Pas de ces petites phrases qu'on peut balancer n'importe où, n'importe comment, mais de celles qui tirent toute leur puissance du contexte.­ Tout un dispositif humoristique pour dire le désarroi, le mal-être et surtout la pudeur des sentiments de personnages hantés par la peur de mourir et terrifiés à l'idée d'avouer leurs émotions.

Y a-t-il du vécu dans le scénario de Michel Blanc (il ne cache pas être hypocondriaque, approche de la soixantaine...)? Lui seul le sait. Quoi qu'il en soit, le réalisateur Albert Lot (dont c'est le second film après «La chambre des morts») lui doit une fière chandelle.

Bande-annonce

Une petite zone de turbulences

D’Alfred Lot. Avec Michel Blanc, Miou-Miou, Gilles Lellouche, Mélanie Doutey

***

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