Collonge-Bellerive (GE): De l'école aux urgences
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Collonge-Bellerive (GE)De l'école aux urgences

Une jeune fille de 14 ans s'est faite tabasser jeudi par deux élèves de son école, dans le canton de Genève. Ses parents ont porté plainte.

par
Shahïn Ammane

«Le pire, c'est que je ne sais pas ce que je leur ai fait». Les yeux et la voix pleins de larmes, Mélissa* peine à savoir ce qu'avaient à lui reprocher ces deux filles de 15 et 16 ans qui lui sont tombées dessus jeudi dernier vers 13h30 à l'école de Bois-Caran.

Pourquoi tu aimes pas Lucie*?

Mélissa prend des cours d'appui de maths tous les jeudis entre midi et treize heures. Après sa classe, elle se dirige vers le terrain de basket. «Pourquoi tu aimes pas Lucie?», lui demande alors une des deux filles. Lucie observe la scène de loin. Pas le temps de répondre, Mélissa reçoit du jus d'orange en plein visage, puis est jetée à terre, traînée dans la boue, avant de se faire rouer de coups. «Un groupe d'élèves s'est formé autour nous et a encouragé la castagne», se souvient-elle. Elle est sauvée par un camarade qui la conduit à l'infirmerie de l'école.

De l'infirmerie aux urgences pédiatriques

Appelée, la mère de Mélissa quitte précipitamment son travail et court à l'école. Elle retrouve sa fille endolorie, couverte de boue avec un coquard de la taille d'un poing au niveau de l'oeil gauche. Résultat d'un coup de pied reçu au visage. Elle la conduit à l'hôpital pédiatrique.

Constat médical

Les médecins retrouvent une jeune fille choquée, en pleurs et se sentant humiliée. Sur le plan physique, on relève des douleurs au dos, un gros hématome au niveau de la paupière gauche et des bleus sur tout le corps. Fort de ce constat, les parents de Mélissa porte plainte à la police pour coups et blessures.

Retour à l'école

Bien que craintive, Mélissa a pris son courage à deux mains et s'en est retourné à l'école. Sa mère, qui s'est mise en congé pour une semaine, la dépose tous les matins devant les portes de l'établissement. Le directeur a rencontré les parents de Mélissa vendredi, sans avoir encore discuté de l'affaire avec les parents des enfants incriminés. Quelle décision sera prise à leur encontre?

Quatre et cinq jours d'exclusion

"C'est une sentence lourde", clame le père d'une des deux filles incriminées. Son enfant a en effet été exclue cinq jours de l'école et sa camarade, également impliquée dans la bagarre, quatre jours. "Ma fille a également reçu des coups. Je regrette que l'école n'ait pas joué son rôle. La direction aurait du entendre tout le monde et punir tous les protagonistes de manière égale". Pour le papa, il s'agit d'une banale bagarre entre écolières qui n'aurait pas dû se terminer à la police.

*prénoms d'emprunt

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