Actualisé 14.03.2016 à 17:43

BerneDe l'herbe bientôt vendue dans les pharmacies?

La Ville de Berne a mandaté l'université afin d'élaborer un projet pilote permettant de tester les différentes manières de régulariser le marché du cannabis dans notre pays.

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ats/ofu/dmz
Le Colorado est le premier Etat américain à avoir légalisé la vente du cannabis en 2014. A Berne, les autorités veulent lancer une projet pilote allant dans ce sens.

Le Colorado est le premier Etat américain à avoir légalisé la vente du cannabis en 2014. A Berne, les autorités veulent lancer une projet pilote allant dans ce sens.

photo: Kein Anbieter/Kathryn Scott Osler

Les autorités de la Ville de Berne souhaitent que les pharmacies de la capitale puissent vendre du cannabis à un groupe pouvant aller jusqu'à 1000 personnes. Elles ont demandé à l'Uni de Berne de mener un travail de recherche scientifique allant dans ce sens. Le but? Lancer un projet pilote mettant en lumière les différentes manières de régulariser l'herbe en Suisse.

Franziska Teuscher, conseillère municipale de la Ville, a expliqué lundi lors d'une conférence de presse que les participants au projet devaient avoir au minimum 18 ans et habiter à Berne. Les intéressés doivent également déjà avoir consommé du cannabis dans le passé.

Les pharmacies inspirent confiance

La vente de la drogue se ferait par le biais des pharmacies qui représentent, selon Franziska Teuscher, une infrastructure professionnelle sur laquelle l'université pourrait se baser. «Les pharmacies inspirent confiance et disposent des connaissances nécessaires dans le domaine de la manipulation des stupéfiants», a-t-elle ajouté.

La recherche scientifique devrait être élaborée d'ici à trois ou quatre mois, pense Matthias Egger, directeur de l'Institut de médecine sociale et préventive de l'Université de Berne. Un budget de 20'000 francs a été prévu. Le nombre exact de participants n'a quant à lui pas encore été déterminé. L'uni ignore également encore combien de cannabis sera vendu et à quel prix. L'herbe proviendrait soit de producteurs suisses, qui cultivent la plante à des fins scientifiques, soit de producteurs étrangers. Il est prévu que le cannabis soit consommé dans des espaces privés par les participants. D'autres villes - telles que Zurich, Genève et Bâle - ont également signalé leur intérêt à vouloir lancer un projet pilote pour la régularisation du cannabis.

Entre 200'000 et 300'000 fumeurs de joints en Suisse

La Confédération aura le dernier mot dans cette affaire. Elle devra décider si elle souhaite accorder ou non une autorisation exceptionnelle aux autorités bernoises. Car la loi sur les stupéfiants interdit la consommation de cannabis en Suisse. La Ville de Berne compte déposer sa demande auprès de l'Office fédéral de la santé publique dans la deuxième moitié de l'année 2016. Elle souhaite d'abord se coordonner avec les différents projets de Zurich, Genève et Bâle. Selon Franziska Teuscher, la collaboration entre ces villes est très étroite.

La conseillère municipale bernoise rappelle qu'il existe en Suisse entre 200'000 et 30'000 personnes qui fument régulièrement de l'herbe malgré l'interdiction et la répression qui règnent dans notre pays.

Un pétard oui, le volant non!

Les participants devront faire la promesse de ne pas conduire après avoir fumé. C'est d'ailleurs un des enjeux de la libéralisation. Pour le moment, des traces de consommation dans le sang ou l'urine (qui perdurent plusieurs mois) suffisent à justifier un retrait de permis. Les polices et les services des autos ne se montreront pas plus tolérantes avant un changement de loi, «inévitable si le marché devient libre», tonne Sandro Cattacin.

Projet genevois présenté fin avril

Sandro Cattacin, sociologue à l'Université de Genève, fait partie de l'équipe chargée de développer un concept au bout du lac. S'il est encore trop tôt pour en donner les détails, la version genevoise sera «axée sur l'auto-médication et la gestion de la consommation», explique le chercheur. Les mineurs seront intégrés au projet. Il sera présenté au Conseil d'Etat d'ici à fin avril, espère le sociologue, qui ne tient pas à s'exprimer sur celui de ses homologues bernois.

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