Actualisé 02.04.2020 à 17:53

Pékin

De la bile d'ours utilisée contre le coronavirus

La Chine semble croire dur comme fer aux vertus de la pharmacopée traditionnelle pour soigner les patients victimes du Covid-19.

de
ats/pga
La sécrétion est prélevée en insérant un cathéter dans la vésicule biliaire de l'ours.

La sécrétion est prélevée en insérant un cathéter dans la vésicule biliaire de l'ours.

AFP

En Chine, la médecine traditionnelle a encore de beaux jours devant elle. Le régime de Xi Jinping vient ainsi de donner son feu vert à un médicament contenant de la bile d'ours pour soigner les patients atteints du Covid-19. Censée aider à réguler le cholestérol ou à dissoudre les calculs biliaires ou rénaux, cette substance est désormais incluse dans l'arsenal recommandé par Pékin pour lutter contre le coro­navirus. Au grand dam des défenseurs de la faune, qui dénoncent de longue date le sort cruel réservé en Chine à des milliers de plantigrades enfermés dans des cages étroites en vue de leur retirer un peu de bile.

Pour l'association Animals Asia Foundation (AAF), recourir à la bile d'ours contre l'épidémie est à la fois «tragique et contradictoire». La Chine vient en effet d'interdire le commerce des animaux sauvages à des fins alimentaires, en réaction à l'apparition du virus. Ce dernier a été détecté fin 2019 dans un marché de Wuhan, où des espèces sauvages étaient commercialisées.

Commerce juteux

La production de bile d'ours est légale en Chine mais son exportation est interdite par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Mais quelque 20'000 plantigrades n'en sont pas moins réduits en Chine à verser leur bile au profit d'un marché pharmaceutique, évalué à plus de 1 milliard de dollars par an, selon Kirsty Warren, porte-parole de la Société mondiale de protection des animaux.

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