Actualisé 31.08.2011 à 09:49

«Comparution immédiate»«De la prison ferme pour punir les hooligans!»

Christian Constantin en a marre des actes de violence qui entachent la réputation de son club. Il souhaite une adaptation de la législation en Suisse pour punir sévèrement les hooligans.

de
Grégoire Corthay

Le président du FC Sion Christian Constantin s'est exprimé, jeudi 30 juin, sur l'hooliganisme.

Le président du FC Sion a indiqué qu'il souhaitait que l'auteur d'un acte répréhensible puisse, dans un proche avenir, être immédiatement arrêté «en flagrant délit» par les forces de l'ordre, puis aussitôt placé en détention pour une nuit et jugé dès le lendemain avec à la clé «des sanctions dignes de ce nom». Christian Constantin milite aussi pour que les hooligans écopent de peines de prison ferme. Une mesure qu'il estime dissuasive.

«Aujourd'hui, il est temps d'aller plus loin dans la législation et d'être davantage répressif en infligeant de vraies sanctions. Prendre 30 jours de prison ferme et devoir l'expliquer à ses parents, devoir contacter son patron pour s'excuser de ne pas pouvoir venir travailler parce qu'on a cassé du supporters X, cela va certainement calmer des gens. C'est autre chose que de juste écoper de 20 jours-amende à 10 balles!», souligne Christian Constantin.

«Il faut agir avant qu'il n'y ait des morts»

Dans l'espoir de changer la loi, Christian Constantin est soutenu dans cette démarche par le Conseiller national valaisan Paul-André Roux qui a déposé une motion en ce sens, le 16 juin 2011, à Berne. «La montée de la violence autour des stades et à l'intérieur des villes m'inquiète personnellement beaucoup. C'est une tâche prioritaire de l'Etat que d'assurer la sécurité de la population» relève l'élu PDC.

«Le phénomène de la violence lors de manifestations sportives n'a cessé de prendre de l'ampleur dans notre pays. Cela suffit et il est urgent d'agir! Parce que, si on ne fait rien, il faudra s'attendre un jour à avoir des morts autour des stades. Il faut donc créer la procédure de comparution immédiate qui n'a malheureusement pas été prévue dans le nouveau code de procédure pénale», alerte Paul-André Roux.

De un à six mois de prison ferme

Selon lui, un hooligan devrait pouvoir écoper, après une instruction pénale éclair, de «un à six mois» de prison ferme. Une sanction plus dissuasive que les jours-amende des jugements actuelles qu'il estime «pas assez efficaces».

«La comparution immédiate n'est pas seulement une mesure répressive mais aussi préventive!, souligne Paul-André Roux. Le jour où vous savez avez de gros risques d'enfermés directement pour plusieurs mois, vous allez réfléchir à plusieurs fois avant de commettre des incivilités».

En prison pour avoir allumé un fumigène?

La procédure de comparution immédiate est une procédure accélérée permettant de réprimer rapidement et efficacement les auteurs d'infractions, a expliqué Paul-André Roux. Le principe est d'arrêter un délinquant sur le fait, de l'incarcérer immédiatement, de mener une instruction et de le juger dans les 48 heures.

Cette procédure peut concerner diverses situations: lors de violences durant des manifestations sportives (matches de foot, de hockey…) ou lors manifestations politiques ou évènement majeures (manifestations anti G8 ou G20, contre le WEF,...)

Dans les faits, un individu peut être arrêté lorsqu'il a commis une agression physique sur un ou des spectateurs et un ou des fans, lors qu’il a allumé un engin pyrotechnique dans un stade et mis ainsi en danger l’intégrité corporelle de spectateur, lorsqu’il a commis des dommages importants à la propriété (wagons, bus, bâtiments,...)

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