11.09.2020 à 04:12

Votations fédéralesDe nouveaux jets pour l’armée: gadgets ou nécessité?

Les Suisses décideront le 27 septembre s’ils veulent renouveler la flotte aérienne de combat.

de
Pauline Rumpf

Six ans après le refus par le peuple de 22 Gripen, la liste de courses de l’armée contient à nouveau des avions de combat. Mais combien et lesquels? Le choix n’est pas encore arrêté. Ce ne sera fait qu’après le référendum, car Berne souhaite que les Suisses tranchent d’abord sur le principe. La présélection effectuée contient encore quatre choix: le Rafale de Dassault, le F-35 de Lockheed Martin, le Super Hornet de Boeing, et l’Eurofighter
d’Airbus.

Actuellement, l’armée suisse possède une trentaine de FA-18 modernisés en 2008, capable de voler jusqu’en 2030, ainsi que d’autres appareils consacrés uniquement à former les pilotes. Pour assurer la police du ciel après la prochaine décennie, il faudra donc se réapprovisionner. Dans un projet baptisé Air2030, Berne propose de payer ce nouvel achat avec le budget courant de l’armée; mais il faudrait alors l’augmenter progressivement jusqu’à 6 milliards par an en 2030.

Pour les référendaires, soit le PS, les Verts et le Groupe pour une Suisse sans armée, les avions proposés sont trop chers et trop lourds. Ils correspondent à une vision obsolète de la guerre aérienne, alors que des petits engins légers suffiraient à assurer une mission de police. Pour Berne et les autres partis, au contraire, la chaîne dintervention en cas d’urgence doit pouvoir compter sur un ciel bien défendu; il y va de la sécurité globale du pays, mais aussi de son image. Question argent, ils estiment que cette solution est moins chère que de louer les services d’armées alliées.

Promesses de retombées sous forme d’emplois

Comme les avions seront achetés à l’étranger, il a fallu un mécanisme pour faire revenir l’argent en Suisse. Les entreprises qui obtiennent un mandat dans le cadre d’Air2030 devront fournir des contrats à des firmes Suisse en retour. La valeur de ces compensations s’élève à 60% du montant du contrat qu’elles-mêmes auront signé. Théoriquement, elles devraient être réparties proportionnellement entre les régions linguistiques. À Payerne (VD), où se trouve une importante base militaire aérienne, les acteurs sont partagés entre les promesses de créations d’emplois et la crainte d’une augmentation des nuisances sonores.

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