De petits villages font de la résistance contre La Poste
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De petits villages font de la résistance contre La Poste

Contraints de se doter de noms de rue, certains hameaux ont des adresses devenues désespérément longues.

«Depuis que notre commune s'est dotée de noms de rue, les habitants de La Russille sont obligés de mettre comme adresse ce nom de rue, suivi de La Rusille, puis de 1356 Les Clées», a rapporté la syndique, Marinette Benoit, lors du dernier Conseil général. La municipalité a donc demandé à La Poste que les habitants puissent simplifier leurs coordonnées en écrivant seulement 1356 La Rusille, en plus du nom de rue. Une démarche soutenue par un habitant: «De plus en plus de formulaires n'offrent que quatre lignes pour l'adresse. Nous n'avons ainsi plus de place pour un «chez» ou un nom d'entreprise.»

Mais La Poste ne l'entend pas de cette oreille: «Le nom du hameau (n.d.l.r. La Rusille) n'a pas besoin de figurer dans l'adresse», explique Nathalie Salamin, porte-parole. «Le principe est qu'un NPA (numéro postal d'acheminement) corresponde à une seule localité. Si les habitants ne respectent pas cette norme, le postier y collera un autocollant leur demandant de rectifier l'adresse.» Philippe Latty, responsable de la section des géodonnées à l'Office de l'information sur le territoire, observe: «Il s'agit là d'un problème d'identité.» Mais le dossier est complexe. Les NPA sont attribués par La Poste, or il n'existe pas de bases légales pour l'obliger à donner un NPA à une localité. Reste que la nouvelle loi sur la géoinformation, qui entrera en vigueur en juillet clarifiera peut-être la situation. «De plus, la loi sur La Poste est en révision, d'où un certain flou.»

Frédéric Nejad/job

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