Guerre en Ukraine: De plus en plus de voix pour que du matériel de guerre suisse parte à Kiev

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Guerre en UkraineDe plus en plus de voix pour que du matériel de guerre suisse parte à Kiev

Des élus socialistes pensent à soutenir un assouplissement de la loi pour que les pays qui disposent de matériel de guerre suisse soient autorisés à l’exporter en Ukraine.

Le Conseil fédéral s’est toujours montré intraitable sur le sujet: non, les pays tels que l’Allemagne ou l’Espagne ne peuvent pas envoyer en Ukraine du matériel de guerre qui avait été acheté à la Suisse, même si ça fait des années que ce matériel a été acquis. Or de plus en plus de politiciens commencent à songer à cette possibilité.

Le président du PLR Thierry Burkart s’est déclaré en faveur d’un assouplissement de la loi. «Actuellement, nous empêchons les efforts de l’Occident de soutenir l’Ukraine avec des armes qu’ils ont achetées une fois en Suisse il y a des années voire des décennies. Nous entravons ce soutien et, bien sûr, cela profite indirectement à la Russie», dit-il à la télévision SRF.

Une majorité possible

La SRF indique aussi que le débat se fait de plus en plus vif également au sein du Parti socialiste, pourtant pas connu pour être très militariste. Le conseiller national Eric Nussbaumer (PS/BL) s’est déclaré en soutien à la levée de la clause qui interdit la non-réexportation. Une proposition concrète du parti pourrait être déposée au Parlement. Si un pays est attaqué et que l’ONU condamne l’attaque, le Conseil fédéral devrait pouvoir autoriser des réexportations si on lui en fait la demande. Même le coprésident du parti, Cédric Wermuth, a dit y réfléchir.

Selon la SRF, l’UDC pourrait aussi soutenir pareille proposition. En soutien à l’industrie de l’armement, le parti a souvent combattu toutes les propositions de durcissement de la loi sur les exportations de matériel de guerre et pourrait donc soutenir son assouplissement. Les Vert-e-s, par contre, ne veulent pas en entendre parler.

Mardi en fin de journée, la Commission de la politique de sécurité du Conseil national a estimé que dans certaines circonstances, les armes suisses devraient être autorisées à être transmises aux États belligérants. Ainsi, la déclaration de non-réexportation devrait pouvoir être abrogée.

Le GSsA s’étrangle

Le Groupe pour une Suisse sans armée s’est dit inquiet de constater les pressions qui sont faites pour que la Suisse puisse autoriser l’envoi de matériel de guerre suisse dans un pays en guerre. Il s’inquiète des conséquences de cet assouplissement. Selon lui, la loi sur la neutralité ne permettrait pas d’exporter du matériel en Ukraine. En revanche, lever certaines dispositions de la loi sur les exportations permettrait de le faire en Arabie saoudite, par exemple. «Avec la suppression de la déclaration de non-réexportation, la Suisse n’aurait plus aucun contrôle sur les États dans lesquels son matériel de guerre atterrirait», écrit-il.

(ywe)

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