Stockholm: De Poutine à Trump, qui aura le Nobel de la paix?
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StockholmDe Poutine à Trump, qui aura le Nobel de la paix?

Vendredi sera décernée la célèbre récompense. Parmi les favoris, figurent le président russe et l'homme qui a révélé l'ampleur de la surveillance aux USA. Liste des «papables».

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cht/afp
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Selon les experts, le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui viennent de signer un accord de paix historique, font partie des favoris.

Selon les experts, le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui viennent de signer un accord de paix historique, font partie des favoris.

Keystone
Le docteur congolais Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées, fait également partie des papables.

Le docteur congolais Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées, fait également partie des papables.

Keystone
La militante russe des droits de l'Homme Svetlana Gannouchkina est également citée.

La militante russe des droits de l'Homme Svetlana Gannouchkina est également citée.

Reuters

C'est parti cette semaine pour la traditionnelle remise des prix Nobel, avec en point d'orgue le Nobel de la paix vendredi. Depuis sa création en 1901, cette récompense célèbre la personnalité ou l'institution qui a contribué par son action «à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix», selon les termes même d'Alfred Nobel (l'inventeur de la dynamite).

Cette année, l'institution a été inondée par les candidatures: 376, soit une centaine de plus que le précédent record de 278 établi en 2014. Un casse-tête pour les 5 membres du comité élus par le Parlement norvégien qui vont devoir choisir le grand gagnant parmi cette liste tenue secrète.

Plusieurs favoris

Selon les experts et les commentateurs cités par l'AFP, le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont signé un accord de paix historique lundi, font partie des favoris. Autres noms cités pour la paix: la militante russe des droits de l'Homme Svetlana Gannouchkina, les négociateurs de l'accord sur le nucléaire iranien, Ernest Moniz et Ali Akbar Salehi, le docteur congolais Denis Mukwege qui soigne les femmes violées.

Pour les parieurs, les Grecs insulaires qui sauvent des vies et viennent en aide aux réfugiés venus des côtes turques voisines sont les lauréats les plus probables. Mais le nom du lanceur d'alerte Edward Snowden, qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique aux USA, revient également souvent dans les pronostics. Le pape François est également cité pour avoir multiplié les appels pour accueillir les migrants. De même qu'Angela Merkel dont le nom revient sur les lèvres pour sa position d'ouverture en faveur des demandeurs d'asile.

Mais le comité du Nobel aime bien surprendre. Comme l'an dernier. Alors que la chancelière allemande Angela Merkel (à nouveau citée cette année) était favorite, c'est le quartet tunisien qui avait assuré la transition de la Tunisie vers la démocratie, des acteurs auxquels nul ne songeait, qui avait reçu la distinction suprême.

Poutine honoré?

Raison pour laquelle certains misent sur d'autre papables. A l'image du professeur Jean-Pierre Filiu, spécialiste du monde arabo-musulman qui table sur l'attribution du prix à Valdimir Poutine, proposé par des proches du Kremlin. Dans un blog sur le site du Monde, il estime qu'après les honneurs étonnants à Barack Obama en 2009 alors qu'il n'était que depuis 9 mois à la Maison Blanche, le comité pourrait bien récompenser «en juste retour des choses» le président russe pour son rôle dans le conflit syrien. Selon lui, Poutine a l'avantage «d'incarner une vision de la paix, la paix des régimes contre la paix des peuples, et de tirer toutes les conséquences opérationnelles d'un tel engagement.»

Toujours dans le conflit syrien, le comité du Nobel pourrait aussi récompenser les «Casques blancs». Cette organisation syrienne de défense civile, fondée en mars 2013 et forte de quelque 3000 bénévoles paient un lourd tribut dans les bombardements de l'aviation russe sur la ville d'Alep.

Autre papable cité dans la presse française: Laurent Fabius. L'actuel président du Conseil constitutionnel est cité pour son rôle de président de la Cop21, la grande conférence de Paris sur le climat qui s'est tenue fin 2015 et a permis d'obtenir un accord contraignant pour lutter contre le réchauffement, note Paris Match ce mardi. Le journal rappelle, pour étayer son propos, qu'Al Gore et le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) avaient obtenu cette récompense honorifique en 2007.

Assange et Trump aussi

Autre nom parfois évoqué dans les médias: celui du Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks il y a 10 ans. Ses partisans ont lancé en juin dernier un vaste mouvement d'opinion à l'échelle mondiale pour proposer la candidature de l'Australien qui vit depuis 4 ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres après avoir été accusé de viols et d'agressions sexuelles en Suède.

Mais la liste des candidats au Nobel est pour le moins étonnante. En effet, y figure également Donald Trump. Le sulfureux candidat républicain à la Maison Blanche aurait été proposé par un anonyme américain qui souhaiterait récompenser «son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l'islam radical, l'EI, l'Iran nucléarisé et la Chine communiste».

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