Football en Ecosse: De trafiquant de drogue à entraîneur professionnel
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Football en EcosseDe trafiquant de drogue à entraîneur professionnel

David Martindale a réussi sa reconversion. Après avoir passé plusieurs années en prison, il est maintenant à la tête du Livingstone FC, 5e de première division écossaise.

David Martindale a su saisir sa seconde chance. Condamné à six ans et demi de prison pour trafic de cocaïne et blanchiment d’argent, il est incarcéré en 2006. Mardi, sa nomination en tant qu’entraîneur du Livingstone FC, cinquième du championnat de première division, a été validée par la Fédération écossaise de football. Malgré son passé agité.

Contrairement à la plupart des entraineurs professionnels, David Martindale n’a jamais fait carrière dans le football. Même s’il a fait une partie de ses classes chez les juniors des Glasgow Rangers, il était, de son propre aveu, pas assez sérieux pour tirer le meilleur de son potentiel. L’homme de 46 ans s’est alors lancé dans la restauration au début des années 2000. Un de ses établissements est parti en fumée, alors qu’il n’était pas couvert par l’assurance.

David Martindale s’est ensuite lancé alors dans le business illégal, s’associant notamment avec Alex Donnlley, considéré comme l’un des plus grands dealers du pays. «J’ai grandi dans des HLM. Ce dont vous rêvez, ce n’est pas à passer ses journées au boulot pour payer votre loyer, mais plutôt de rouler en BMW ou en Range Rover», témoigne-t-il dans «The Guardian». Il tombe alors dans le trafic de cocaïne et le blanchiment d’argent. En 2004, lors d’un «gros coup», il se fait pincer avec un chargement de coke estimé à près de 400’000 francs. «Je savais ce que je faisais, admet-il. Je n'essaie pas renier mon implication. Ma motivation était financière, purement cupide.» Il plaide donc coupable, ce qui lui évite une peine plus lourde.

«Il fallait que je change»

Se retrouver derrière les barreaux va lui provoquer un véritable électrochoc: «Quatre jours enfermés dans une cellule, c'est horrible, dit-il. C'est comme si quatre mois avaient passé. Je savais qu'il fallait que je change de vie.» En attendant son procès, il s’inscrit alors dans une université afin d’y passer un diplôme en gestion de projets de construction, études qu’il poursuit comme il peut en prison. Ses efforts et son travail paient: David Martindale ne passera finalement «que» 4 ans en prison.

En 2014, alors qu'il travaille dans le domaine de la construction, il s’engage en tant que bénévole dans le club professionnel local de Livingston et s’attelle notamment à l’entretien de la pelouse. Le natif de Glasgow s’implique ensuite dans les entraînements: «Je posais les cônes et je récupérais les ballons. Je faisais cela bénévolement les mardis et jeudis matin», se souvient-il. Tout en continuant à bosser à côté. David Martindale commence gentiment à faire partie de la famille du Livingston FC.

«Un message positif à toute la société»

En 2015, David Hopkin arrive à la tête de l’équipe et le prend dans son staff «Hoppy était incroyable, je lui serai redevable pour le reste de ma carrière», explique l’ancien trafiquant. En 2016 l’équipe évoluait en 3e division. Deux ans plus tard, Livingston est promu dans l’élite. Grâce à ces brillants résultats, l’Ecossais de 46 ans prend du galon. En novembre dernier, on lui confie les rênes de l’équipe première. Avec succès: un bilan de 8 victoires pour deux matches nuls.

Mais cette réussite fait grincer des dents. Devant les plaintes, la fédération a pris position en validant définitivement la nomination de David Martindale: «Nous pensons que cela envoie un message positif à toute la société.» Ce dernier s’est montré particulièrement reconnaissant: «Cela montre qu’il existe des opportunités pour ceux qui se sont sentis auparavant exclus. Elles peuvent changer votre vie, car il existe des gens prêts à croire en vous.» Avant de conclure: «Tout ce que je demande, c'est qu’on me juge sur la personne que je suis aujourd'hui, et non sur David Martindale de 2004.»

(pac)

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