17.10.2017 à 20:51

Lausanne

De vrais poissons dans les faux décors d'Aquatis

Le centre aquatique ouvre ses portes au public samedi et veut jouer autant sur le divertissement que sur la sensibilisation. Mais il ne convainc pas tout le monde.

de
Yannick Weber

Câbles apparents, ouvriers hyperactifs, et des aquariums pour la plupart vides de leurs futurs occupants: difficile d'imaginer qu'Aquatis, le plus grand aquarium-vivarium d'eau douce d'Europe, accueillera ses premiers visiteurs samedi. Mardi, lors de la visite pour la presse, les préparatifs battaient leur plein pour peaufiner les 20 écosystèmes artificiels dans lesquels logeront les animaux. «Les poissons et reptiles sont déjà là, mais certains sont encore gardés hors de leurs futurs bassins en raison des travaux. Le bruit et les vibrations pourraient les stresser», explique Angélique Vallée-Sygut, directrice du centre.

Les derniers réglages sont soignés pour recevoir le public en grande pompe. «Le parcours se veut immersif et interactif», résume Frédéric Ravatin, responsable de la scénographie. L'œil est en effet attiré de tous les côtés, le long d'un itinéraire qui fera passer les visiteurs par les cinq continents à travers des décors sobres.

A tel point que les miroirs, au sol et aux murs, les écrans, les projections et les plafonds garnis de maquettes en feraient presque oublier l'attraction principale que sont les aquariums et terrariums. L'ensemble, en tout cas, est dense, étroit et sombre, pour immerger au mieux le public. Les quelques enfants présents lors de la visite en avant-première, en tout cas, ont eu l'air de s'y donner à cœur joie.

Des artifices pas au goût de tous

Pas de quoi ravir les défenseurs de la nature. La Fondation Franz Weber dénonce le fait de garder des espèces en captivité. «Il est farfelu de vouloir enfermer le monde marin, c'est cruel pour les animaux et absurde de créer un environnement entièrement artificiel et de plonger le public dans une fausse réalité», déclare Vera Weber, sa présidente.

La Fondation a un projet de centre baptisé Nemo Vision, à Bâle, dans lequel les curieux pourront observer les poissons à travers les nouvelles technologies de réalité virtuelle. Pour elle, il est plus «vrai» d'observer des animaux dans leur élément naturel à travers un écran, plutôt que dans des reconstitutions avec ses propres yeux.

Sensibilisation au développement durable

Pourtant, Aquatis se veut didactique. «Nous avons voulu créer un pôle d'éducation à l'environnement, affirme Angélique Vallée-Sygut. L'émerveillement doit créer un lien émotionnel pour sensibiliser au développement durable». La signalétique, assez rare, pourra être complétée par des informations obtenues sur une application mobile le long du parcours, ou lors de visites guidées.

Aquatis en chiffres

450'000 visiteurs espérés pour la première année après ouverture.

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