01.09.2020 à 15:17

LausanneDébâcle de Beaulieu: pas de commission d’enquête parlementaire

Le Grand Conseil vaudois a rejeté ce mardi le lancement d’une commission d’enquête parlementaire sur le fiasco de la Fondation de Beaulieu, qui a coûté des millions de francs aux collectivités publiques. Il juge le dispositif disproportionné.

Une députée du PLR a notamment souligné que les éléments concernant la déconfiture de Beaulieu avaient déjà été «largement exposés et documentés.»

Une députée du PLR a notamment souligné que les éléments concernant la déconfiture de Beaulieu avaient déjà été «largement exposés et documentés.»

KEYSTONE/Laurent Gillieron

Il n’y aura pas de commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la débâcle de la Fondation de Beaulieu à Lausanne. Le Grand Conseil vaudois a rejeté mardi l’entrée en matière sur ce rare dispositif, qui a été jugé disproportionné.

Le lancement d’une CEP a été soutenu par 39 députés, tandis qu’ils ont été 84 à s’y opposer et 6 à s’abstenir. Seuls l’UDC, Ensemble à Gauche-POP, Vaud Libre et quelques autres députés ont voulu créer un tel organe, qui n’a plus été utilisé depuis 17 ans dans le canton de Vaud.

La déconfiture de Beaulieu, qui a coûté plusieurs dizaines de millions de francs aux collectivités publiques, est «édifiante», a affirmé Jérôme Christen (Vaud Libre), l’un des deux députés ayant réclamé l’automne dernier une CEP. «Un travail d’introspection est indispensable», a-t-il plaidé en vain.

«Plus adéquat»

La socialiste Jessica Jaccoud a reconnu que les interrogations sur Beaulieu étaient légitimes. Mais selon elle, il est préférable de confier ce travail d’investigation à la commission de gestion du Grand Conseil. «Cet instrument est plus adéquat et proportionné», a-t-elle relevé.

«Une CEP est un instrument lourd qui doit être réservé aux cas emblématiques», a renchéri le Vert Vassilis Venizelos, rappelant que 47 séances avaient été nécessaires lorsqu’une CEP avait été activée pour la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) en 2003. Il a ajouté qu’une CEP pourrait toujours être lancée par la suite, suivant les conclusions de la commission de gestion.

Transparence

Du côté du PLR, Carole Dubois a souligné que les éléments concernant le fiasco de Beaulieu avaient déjà été «largement exposés et documentés.»

Le conseiller d’État Philippe Leuba a également estimé que le gouvernement vaudois avait fait preuve de transparence en se désengageant de Beaulieu, désormais uniquement en main de la Ville de Lausanne. «On ne peut pas nous accuser de vouloir cacher la poussière sous le tapis», a-t-il affirmé.

Plusieurs députés ont aussi rappelé que la justice devait encore se prononcer sur Beaulieu. L’enquête pénale contre l’ancien secrétaire général de la fondation, blanchi dans un premier temps, a été rouverte le printemps dernier à la demande du Tribunal cantonal pour déterminer un éventuel cas d’escroquerie.

Un dispositif rare

Après Beaulieu, les députés vaudois devront se prononcer prochainement sur une autre requête de CEP, concernant cette fois-ci la crise financière à l’Hôpital Riviera-Chablais à Rennaz.

Jusqu’ici, seules trois affaires ont été traitées par une commission d’enquête parlementaire dans le canton de Vaud: la débâcle de la BCV en 2003, la surveillance des EMS en 2000 et les irrégularités comptables dans les finances du canton en 1995.

(ATS/NXP)

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