Berne: Débâcle des trains Bombardier: le patron des CFF s’explique

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BerneDébâcle des trains Bombardier: le patron des CFF s’explique

L’achat de 62 trains pour le trafic grandes lignes ne répond pas aux attentes de raccourcir le temps de trajet. «C’était à l’époque la meilleure offre» déclare Vincent Ducrot.

Les FV-Dosto ne pourront pas rouler plus vite entre Berne et Lausanne par exemple.

Les FV-Dosto ne pourront pas rouler plus vite entre Berne et Lausanne par exemple.

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La semaine passée, les CFF ont annoncé l’abandon de l’ambition de faire rouler les trains un peu plus vite sur la ligne entre Lausanne et Berne. En cause, la compensation de roulis, qui permettrait de rouler a pleine vitesse dans les courbes, ne répond pas aux attentes.

Mercredi, dans la «NZZ», le patron des CFF, Vincent Ducrot revient sur l’achat de 62 rames à deux étages auprès de la firme Bombardier établie à Villeneuve en 2010. «Le fabricant du FV-Dosto, Bombardier, qui a entre-temps été repris par Alstom, a présenté de loin la meilleure offre sur tous les points. C’est pourquoi nous avons demandé à l’époque que le marché soit attribué à Bombardier.» Pour mémoire, Vincent Ducrot était à l’époque responsable de la division Grandes lignes et dirigeait par intérim la division Voyageurs. Il n’était pas seul à décider de l’achat puisque au moins 100 personnes ont évalué les offres.

«On a été trop ambitieux»

«Les CFF avaient fait de très bonnes expériences avec Bombardier. L’entreprise avait participé à la fabrication des voitures à deux étages de type IC 2000 et des trains pendulaires Intercity. Mais rétrospectivement, nous avons été très ambitieux et avons posé des exigences trop élevées. À l’époque, aucun des fabricants ne proposait de rames automotrices à deux étages pour le trafic grandes lignes. Nous avons rencontré des problèmes lors de la mise en œuvre de l’acquisition» précise le Fribourgeois.

Une option pas concluante

Concernant la compensation de roulis, Vincent Ducrot ajoute: «En ce qui concerne la compensation du roulis, nous sommes aujourd’hui plus performants. Mais les forces qui agissent à l’étage supérieur lors de virages plus rapides se sont révélées trop importantes. Avec les connaissances de l’époque, nous commanderions le même train aujourd’hui.» Cette idée de compensation de roulis a été prise car «à l’époque, l’argent manquait pour construire de nouvelles lignes. Aux CFF, nous cherchions des solutions pour offrir plus de capacité avec des trains à deux étages tout en roulant plus vite dans les courbes. De nombreuses personnes ont travaillé sur ce projet. Nous ne savions pas à l’époque si la compensation du roulis était réalisable. C’est pourquoi nous l’avons mise au concours en tant qu’option lors de l’acquisition. Et au final, l’option n’est pas concluante.»

(jbm)

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