Assurance maladie: Débat marathon contre la hausse des coûts lancé au National
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Assurance maladieDébat marathon contre la hausse des coûts lancé au National

Le Conseil national s'est lancé mercredi matin dans un long et difficile débat sur les mesures urgentes visant à endiguer la hausse des coûts de l'assurance maladie.

Des mesures doivent être prises pour freiner la hausse des coûts de l'assurance maladie. La majorité des conseillers nationaux en sont convaincus. Ils ont refusé mercredi par 175 voix contre 1 la proposition de Josef Zisyadis de renoncer à l'exercice au profit d'une cantonalisation.

Pour le popiste vaudois, le paquet de mesures urgentes limitées à fin 2012 ne permettra en rien d'endiguer l'évolution des coûts. Vu qu'aussi bien les primes que les planifications hospitalières sont cantonales, il jugeait logique d'offrir à chaque canton la possibilité de choisir le mode de financement (prime par tête, impôt) ainsi que d'opter entre caisse unique et concurrence.

Cette vision n'a guère convaincu. Face aux hausses de primes de 10 à 15% qui menacent en 2010, la majorité a jugé nécessaire d'agir. «Nous avons l'opportunité de prendre des mesures efficaces», a déclaré Ruth Humbel (PDC/AG), au nom de la commission. «On ne va pas tout résoudre mais ce paquet peut faire office de remède homéopathique empêchant la dérive».

Chacun ses recettes

Les recettes ne sont toutefois pas les mêmes à gauche et à droite. Les Verts et le PS ont affiché leur scepticisme. Ils ont posé leurs conditions à leur soutien au paquet au final: plafonner les mesures qui vont faire passer les assurés à la caisse, débloquer davantage d'argent pour les rabais de primes et renoncer à toute velléité de lever l'obligation de contracter par la bande.

Le PDC s'oppose aussi au libre-choix par les assureurs des médecins dont ils remboursent les prestations. L'UDC, fer de lance de la concurrence, y voit en revanche «la seule modeste tentative de corriger le système», selon les propos du Zurichois Toni Bortoluzzi. Le reste du paquet relève de la «pure cosmétique», a-t-il critiqué.

Les libéraux-radicaux ont quant à eux volé au secours de leur ministre de la santé. Et d'annoncer leur soutien à la très contestée taxe de consultation de 30 francs. Pour eux, il s'agit de responsabiliser les assurés. La hausse des primes n'est que le reflet de celle des coûts, selon le président de santésuisse Claude Ruey.

Pascal Couchepin se défend

L'inaction a un prix, a lancé Pascal Couchepin face aux critiques. «Le non n'est pas une solution, c'est simplement l'ouverture de nouvelles aventures». Alors qu'un «pansement d'urgence permet de stopper l'hémorragie». Et d'affirmer que la taxe de consultation permettrait d'économiser quelque 160 millions de francs

Selon le conseiller fédéral, la somme de 30 francs équivaut au final à la solution alternative d'un hausse de 10 à 20% de la part des frais à charge de l'assuré s'il se rend directement chez un spécialiste. Une consultation chez un médecin coûte en moyenne 150 francs, et 300 francs à l'hôpital.

(ats)

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