Actualisé 12.06.2012 à 18:31

ZurichDébats et congrès sur l'aide au suicide

Une centaine de délégués engagés dans l'aide au suicide sont réunis de mercredi à dimanche en congrès international à Zurich à l'appel d'Exit Suisse alémanique et de son homologue romande.

Invitée, Simonetta Sommaruga sera présente vendredi. Les opposants à la mort assistée organisent une contre-réunion. Pour les «antis», l'acceptation croissante de l'assistance au suicide risque de «pervertir une mort jusqu'à présent choisie librement en un suicide décidé par autrui». Tel est le credo présenté mardi par Human Life (Vie humaine) International Suisse qui se réunit vendredi dans un bâtiment voisin à celui du congrès.

L'organisation craint une pression croissante sur les personnes âgées et les malades pour qu'ils mettent fin à leur vie en raison du «fardeau» financier qu'ils représentent. «La protection de la vie par l'Etat doit prévaloir et ne pas être soumise aux intérêts de certaines associations», a soutenu à Zurich le vice-président de HLI Suisse Roland Graf face aux médias.

Les opposants à l'aide au suicide ont en outre évoqué les conflit de conscience auquel sont confrontés les médecins et le personnel soignant. Ils ont réaffirmé leur soutien à la médecine palliative.

Capable de discernement

Les opposants à la mort assistée insinuent que les personnes âgées sont incapables de discernement, a répliqué la présidente d'Exit Suisse alémanique Saskia Frei, lors d'une autre conférence de presse qui a suivi celle des adversaires.

«La personne âgée pense et décide par elle-même», a-t-elle souligné. Les proches de la personne concernée ont plutôt tendance à s'opposer au choix de la mort assistée que le contraire.

Et d'ajouter que les aînés sont aujourd'hui «bien mieux informés, nettement plus autonomes et sûrs d'eux qu'autrefois». Mme Frei a appelé à ne pas sous-estimer l'expérience humaine et professionnelle des assistants au suicide ainsi que leur formation. Aucun décès n'est en outre analysé avec autant de minutie qu'un suicide, selon elle.

Réformes en marche

Lancé en 1976, le congrès biennal de la WFRtDS (»World Federation of Right-to-Die Societies» (Fédération internationale des sociétés pour le droit de mourir) fait cette année halte en Suisse. Une visite symbolique alors qu'Exit fête ses 30 ans en terres helvétiques.

«Nous avons en Suisse l'une des législation les plus libérales (en la matière) que beaucoup d'autres pays nous envient», se réjouit Mme Frei. Favorable à davantage d'autodétermination, le Conseil fédéral a refusé de durcir la législation sur la mort assistée. Le congrès biennal doit débattre jeudi du cas suisse et des réformes en cours dans d'autres pays.

Il sera question de la légalisation de la mort assistée en Grande- Bretagne, du soutien du président français François Hollande en la matière ou de la création de cliniques spécialisées aux Pays-Bas. A l'inverse, le vent contraire venant d'Allemagne, dont le gouvernement est opposé à toute libéralisation, sera lui aussi traité.

Ouvert au public vendredi

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga doit prononcer un discours vendredi face aux délégués de 55 pays à l'occasion d'une journée ouverte au public. Outre la ministre suisse de la justice, le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH), spécialiste de la médecine préventive, sera présent lors d'un débat sur la médecine palliative.

Parmi les autres intervenants figurent la veuve de l'entraîneur de football Timo Konietzka qui, gravement malade, a eu recours à l'aide au suicide en mars dernier. La militante britannique Debbie Purdy, qui souffre de sclérose en plaque, est aussi présente, tout comme son compatriote Terry Pratchett, écrivain souffrant d'Alzheimer. Des opposants sont également inscrits.

Le samedi sera consacré au jubilé des 30 ans d'Exit. Les journées du mercredi et du dimanche sont plus informelles. La WFRtDS se considère comme «un lobby soutenant la fondation de nouvelles organisations d'accompagnement vers la mort et la diffusion de connaissances» à ce sujet.

(ats)

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