Débattre du viol? Cet élu «aurait préféré» regarder le match de handball

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ParlementDébattre du viol? Cet élu «aurait préféré» regarder le match de handball

Un conseiller aux États s’est attiré les foudres après avoir exprimé son ennui d’avoir assisté au débat sur la révision de la définition du viol.

Le Schaffhousois s’est pris une volée de bois vert sur internet après son message controversé.

Le Schaffhousois s’est pris une volée de bois vert sur internet après son message controversé.

LMS

«Pour être honnête, j’aurais préféré voir en direct notre équipe de Schaffhouse remporter le titre plutôt que suivre le débat sans fin au Conseil des États au sujet du droit pénal en matière sexuelle. Félicitations à nos champions!» Le tweet du conseiller aux États Hannes Germann (UDC/SH), qui faisait mention du match qui a sacré l’équipe de handball de Schaffhouse, a mis le feu aux poudres sur internet.

«Tenez bon, Hannes Germann!»

Qu’un élu n’écoute pas les débats en cours au Parlement, c’est monnaie courante. Mais l’ennui exprimé face à la discussion la plus chaude et suivie du jour, sur la définition du viol, et dire préférer regarder la TV, ça a mal passé. «Un tel manque de volonté de travailler, dans le privé, finirait par un licenciement. Et les parlementaires touchent plus de 100’000 fr. par an…», se désole un internaute. «Alors démissionnez, si vous préférez regarder le handball plutôt que d’assumer vos responsabilités d’élu!» s’époumone un autre.

Le Parti socialiste de Schaffhouse a, lui, opté pour l’ironie. «Tenez bon, Hannes Germann. L’année prochaine, il y a des élections et les conseillers aux États fatigués de leur mandat pourront laisser leur place à des forces nouvelles», écrit le parti en réponse au tweet du Schaffhousois de 65 ans.

Finalement, il a dit oui à la solution du non

Face à la multitude de réactions, l’élu est d’abord resté discret. Il a fini par ajouter un nouveau message sur le réseau social pour rappeler que «mardi, j’ai approuvé avec conviction le renforcement du droit pénal, qui aurait dû être effectué depuis longtemps».

Il a voté, comme la majorité du Conseil des États, pour la solution dite du «non, c’est non», laquelle prévoit qu’un viol n’est considéré que quand la personne a explicitement exprimé un refus. Une minorité des élus plaidait pour le modèle «oui, c’est oui», lequel prévoit qu’il y a eu viol si la personne n’a pas explicitement donné son accord à un acte sexuel.

«Histoire d’amour»

Hannes Germann n’est pas seul à bord du côté de l’UDC à se prendre de vives réactions après un message sur Twitter. Le sulfureux Roger Köppel a, lui, en lien avec le débat, écrit que «toute grande histoire d’amour commence par une femme qui dit non».

(ywe)

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