Chili: Début du déterrement de Pablo Neruda
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ChiliDébut du déterrement de Pablo Neruda

Les travaux d'exhumation de la dépouille du poète ont débuté dimanche à Isla Negra, en vue de la résolution de l'énigme de sa mort.

Les restes du poète Pablo Neruda, décédé en septembre 1973 quelques jours après le coup d'Etat d'Augusto Pinochet, ont commencé à être exhumés dimanche à Isla Negra (côte centrale du Chili). Le but de cette exhumation est d'éclaircir le mystère de sa mort.

La tombe où est enterré Neruda aux côtés de sa troisième et dernière épouse, Matilde Urrutia, se trouve dans le jardin de la maison qu'il possédait à Isla Negra, face au Pacifique. Des experts du service médico-légal ainsi que des membres de la police sont arrivés sur les lieux vers 17H00 locales (22H00 suisses) et ont installé une tente autour de la crypte.

Après les premiers travaux d'excavation, une équipe de médecins légistes chiliens et internationaux devait procéder aux prélèvements des restes du poète sous la supervision du juge Mario Carroza. Ce dernier a rouvert en juin dernier le dossier sur la mort controversée de l'écrivain et diplomate communiste, Prix Nobel de littérature 1971.

Cancer de la prostate

Neruda, selon la version officielle, est mort d'une aggravation d'un cancer de la prostate le 23 septembre 1973, 12 jours après le putsch contre son ami le président socialiste Salvador Allende.

Mais de récents témoignages ont remis en cause cette thèse et évoqué un assassinat commandité par la dictature, pour éviter que Neruda ne devienne, de l'exil où il s'apprêtait à partir, un opposant de prestige. L'ancien secrétaire personnel et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a ainsi affirmé que son patron, hospitalisé, a reçu une mystérieuse injection dans les heures ayant précédé sa mort.

Le Parti communiste du Chili, également convaincu de son assassinat, a saisi la justice en décembre dernier pour qu'elle fasse exhumer les restes du poète.

Une série d'exhumations

L'exhumation permettra de «déterminer si avec l'aide des nouvelles technologies et malgré le temps passé et la proximité de la mer, nous pouvons trouver des traces de substances nocives, de toxines, de bactéries» prouvant l'intervention d'un tiers, selon l'avocat du Parti communiste chilien, Eduardo Contreras.

«Nous avons la conviction, la certitude la plus absolue que Neruda n'est pas mort de mort naturelle», soutient l'avocat.

La justice chilienne a récemment revisité les circonstances de morts survenues sous la dictature: elle a exhumé la dépouille d'Allende en mai, pour déterminer s'il s'était suicidé ou avait été assassiné au cours du coup d'Etat du 11 septembre 1973. Une expertise médicale a conclu au suicide.

Une autre enquête vise à examiner les circonstances de la mort d'un autre opposant, l'ancien président (1964-70) Eduardo Frei Montalva, qui s'est éteint en 1982 après une opération bénigne. (ats)

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