Tchad: Deby prête serment dans un pays sous haute tension

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TchadDeby prête serment dans un pays sous haute tension

Idriss Deby Itno, incontournable dans la lutte contre les djihadistes en Afrique, débute ainsi son 5e cinquième mandat.

Idriss Déby Itno est un précieux allié de la France et de ses voisins africains contre les djihadistes, sans être parvenu à juguler la pauvreté qui étrangle son pays.

Idriss Déby Itno est un précieux allié de la France et de ses voisins africains contre les djihadistes, sans être parvenu à juguler la pauvreté qui étrangle son pays.

photo: Keystone

Le président tchadien Idriss Deby Itno, incontournable dans la lutte contre les djihadistes en Afrique, a prêté serment lundi pour un cinquième mandat. Ceci dans un climat tendu après la mort dimanche d'un manifestant à N'Djamena lors d'une marche d'opposants.

«Je suis le président de tous les Tchadiens», a déclaré M. Deby, 64 ans, arrivé par la force au pouvoir en 1990, dans son discours d'investiture pour un nouveau mandat de cinq ans devant une quinzaine de chefs d'Etat africains et le ministre français de la Défense.

Lutte implacable

L'ancien militaire a promis «une lutte implacable contre le terrorisme partout où il menace nos intérêts et notre sécurité», après avoir été officiellement proclamé vainqueur de l'élection du 10 avril dès le 1er tour avec 59,92% des voix.

Parmi les invités à la cérémonie dans l'auditorium d'un grand hôtel de N'Djamena figurent les alliés du Tchad dans la guerre contre les groupes djihadistes au Nigeria (Boko Haram) et dans le Sahel: Muhammadu Buhari (Nigeria), Mahamadou Issoufou (Niger), Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie).

Alliance française

A leurs côtés se trouvait le représentant de leur homologue français François Hollande, son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

L'ex-puissance coloniale considère le Tchad et son armée comme son meilleur allié depuis ses interventions au Mali en 2013 puis en Centrafrique. La capitale N'Djamena est aussi le QG de l'opération militaire française Barkhane au Sahel.

Le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo, officiellement second du scrutin d'avril avec 12,77% des voix, s'est déclaré «surpris et déçu» par la décision de la France d'envoyer un représentant de haut rang à l'investiture. M. Kebzabo et toute l'opposition demandent en vain à la France et la communauté internationale de reconnaître «la nature dictatoriale» du régime de M. Deby.

M. Kebzabo a indiqué que l'opposition maintenait lundi l'opération «ville morte» dans les rues de N'Djamena pour protester contre la réélection de M. Deby qu'il qualifie de «hold up électoral».

Opposition interdite

Dimanche, un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu'il manifestait à N'Djamena à l'appel de l'opposition, un rassemblement interdit par le pouvoir pour des raisons de sécurité. Quatre personnes auraient aussi été blessées.

Comme samedi, où un meeting avait été dispersé par la police anti-émeute, l'opposition avait décidé de maintenir dimanche sa «marche pacifique», bravant l'interdiction décrétée par le pouvoir, pour qui les opposants veulent «intoxiquer l'opinion publique nationale et internationale». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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