Allemagne - Décès, à 96 ans, d’une des dernières survivantes de l’orchestre d’Auschwitz
Publié

AllemagneDécès, à 96 ans, d’une des dernières survivantes de l’orchestre d’Auschwitz

Esther Bejarano est décédée, tôt ce samedi, à 96 ans. L’Allemande jouait de l’accordéon, ce qui l’avait sauvée de la chambre à gaz en lui faisant intégrer l’orchestre d’Auschwitz.

Esther Bejarano (ici en décembre 2019) a «dédié sa vie à la musique et à la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme».

Esther Bejarano (ici en décembre 2019) a «dédié sa vie à la musique et à la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme».

AFP

L’une des dernières survivantes de l’orchestre des femmes d’Auschwitz, l’Allemande Esther Bejarano, est morte dans la nuit de vendredi à samedi, à l’âge de 96 ans, à Hambourg (Allemagne), a annoncé le directeur du Centre éducatif Anne Frank, sur Twitter.

«Elle a dédié sa vie à la musique et à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme», a écrit Meron Mendel, rappelant qu’Esther Bejarano, déportée en 1943 dans le camp d’extermination nazi, avait eu la vie sauve parce qu’elle était musicienne et joua de l’accordéon à Auschwitz.

Sa famille assassinée

«Une voix importante dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme est décédée», a twitté le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, en soulignant que «sa vitalité et son histoire incroyable» forçaient l’admiration.

Née à Sarrelouis, en décembre 1924, la jeune femme avait d’abord été déportée à Auschwitz en avril 1943, avant d’être transférée, en novembre de la même année, au camp de Ravensbrück. Ses parents et sa sœur ont été assassinés par les nazis.

Palestine, Israël, puis Allemagne

Après la Seconde Guerre mondiale, Esther Bejarano avait rejoint la Palestine et vécu pendant près de 15 ans en Israël, avant de revenir en Allemagne où, depuis des années, elle racontait son histoire et mettait en garde, ces derniers temps, contre la montée de l’extrême droite.

«Pour ceux qui ont vécu ça (la déportation, ndlr), on ne peut pas décrire à quel point c’est grave», insistait-elle, citant notamment le mouvement xénophobe et antimusulman Pegida et le parti d’extrême droite AfD.

«Tout ce que vous pouviez faire, c’était jouer…»

Figure très écoutée en Allemagne, elle a écrit plusieurs romans autobiographiques, s’est consacrée au chant et à ses activités au sein du Comité international d’Auschwitz.

Esther Bejarano fut recrutée au sein de l’orchestre des femmes d’Auschwitz alors qu’elle ne savait pas jouer de l’accordéon, mais seulement du piano. Avec les autres musiciennes, elle devait jouer pour les prisonniers et pour les déportés à la descente des convois.

En 2014, elle raconta à la «Deutsche Welle»: «Vous saviez qu’ils allaient être gazés, et tout ce que vous pouviez faire était de rester là et de jouer.»

(AFP)

Ton opinion