Vaud: Décès dû au gaz: qui est coupable de négligence?

Actualisé

VaudDécès dû au gaz: qui est coupable de négligence?

L'intoxication fatale survenue à Rossinière en février 2012 occupe une nouvelle fois la justice.

par
Frédéric Nejad Toulami
Une chaudière de ce type avait été posée à Rossinière.

Une chaudière de ce type avait été posée à Rossinière.

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«Le fait qu'un expert mandaté par la justice a contesté votre façon de faire et qu'un individu est mort dans cet accident, ça ne change rien pour vous, dans vos certitudes?» Le président de la Cour d'appel cantonale a mis sous pression un des accusés, jeudi, au procès de l'accident mortel survenu à Rossinière en 2012 (lire l'encadré). Installateur sanitaire, il avait été mandaté par sa voisine pour installer une nouvelle chaudière dans un local de sa demeure.

Les normes de sécurité de l'époque différaient de maintenant, notamment sur la pose ou non d'un entonnoir, et l'individu insiste: il a agi comme ses confrères avaient l'habitude de le faire dans la région. Sept ans après les faits, la question centrale demeure la même en deuxième instance: qu'est-ce qui a conduit, le 7 février 2012, à la mort de F. et aux dommages à la santé de N., sauvée de justesse et aujourd'hui plaignante?

Pas la faute à pas de chance en tout cas, pour Me Parein, avocat de la survivante. Cependant, les trois avocats de la défense se sont appliqués à pointer du doigt le gel qui a provoqué certainement un problème de fonctionnement de la chaudière. Or le local était estimé «hors gel», mais la plaignante omettait souvent de fermer la porte extérieure. Et cette nuit-là, la température était d'environ -15 degrés. La responsabilité de la négligence coupable reviendrait donc à la plaignante, selon eux. Le verdict sera rendu ces prochains jours.

Expertise peu fiable et acquittement

Après plus de six ans d'enquête, le procès s'était ouvert en août 2018 au Tribunal de police de Vevey. La société fournisseuse de la chaudière, son technicien ainsi qu'un monteur sanitaire étaient accusés d'homicide et de lésions corporelles graves par négligence. Les questions portaient sur les causes de la fuite de gaz mortelle en février 2012 à Rossinière. Comme l'expertise s'est avérée peu fiable face à la Cour, celle-ci s'en était écartée et avait acquitté tout le monde.

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