Genève: Décharge opportunément enterrée par Barthassat
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GenèveDécharge opportunément enterrée par Barthassat

L'Etat cède à la vindicte populaire. Il renonce à enfouir les mâchefers dans le canton.

par
Jérôme Faas
La décharge de Châtillon, à Bernex, fermera en 2019. Sur l'image, les mâchefers se trouvent à gauche.

La décharge de Châtillon, à Bernex, fermera en 2019. Sur l'image, les mâchefers se trouvent à gauche.

P. Abensur - TDG

Ce qui était présenté comme impossible par l'administration est devenu possible à dix jours des élections: le canton cesse de chercher un site pour une décharge de mâchefers (lire l'encadré). Un comité d'experts est créé pour trouver d'autres solutions. Le conseiller d'Etat PDC Luc Barthassat, chargé de l'environnement, en grande difficulté avant le second tour, a tranché mercredi, seul.

12'000 signatures

Le projet de décharge hérissait les dernières communes «en lice» pour l'accueillir: Satigny, Collex-Bossy, Versoix. «12'000 personnes ont signé une pétition, explique Luc Barthassat. Les écouter est normal.» Il veut donc mener à bien deux études. L'une porte sur les moyens de réduire la quantité de mâchefers, un procédé utilisé à Zurich. L'autre explore ce qui se fait en Europe: vitrification, fragmentation, lavage, transformation en briques et pavés. «Le droit fédéral interdit cette dernière option, mais il ne faudrait pas grand-chose pour l'adapter.»

Réactions contrastées

La décision du ministre divise les députés de la commission de l'environnement. La Verte Delphine Klopfenstein la salue. «Il y avait une vraie mobilisation. D'autres solutions existent. Cela va pousser à prendre au sérieux la question des déchets.» Thomas Wenger (PS) critique «un manque de courage politique. En reculant à dix jours des élections, Luc Barthassat prouve qu'il décide sur des coups de tête.» L'UDC Eric Leyvraz est «favorable à cette décision car on écoute enfin la population. Mais je souris. Aurait-elle été prise si Luc Barthassat avait été élu au premier tour?»

Métaux polluants

Les mâchefers sont la matière solide qui reste après l'incinération des ordures ménagères. Ils représentent 10% de leur volume et sont composés à 90% de sable et de gravier, à 10% de métaux. La plupart de ces derniers sont recyclés, mais il demeure un résidu polluant (métaux lourds, dioxines) que l'on enfouit. A ce jour, Genève produit 38'000 tonnes de mâchefers par an. Ils sont enterrés pour moitié dans la décharge bioactive de Châtillon, saturée, qui fermera en 2019. L'autre moitié est envoyée à Berne.

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