Actualisé 13.02.2020 à 20:59

Vaud

Déchets alimentaires javellisés: une rareté?

Des députés souhaitent interdire aux commerces de rendre impropres les aliments invendus. Mais, selon le Canton, une telle pratique est inconnue sur sol vaudois.

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Le Conseil dÉtat vaudois estime que les grands distributeurs ont pris diverses mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Le Conseil dÉtat vaudois estime que les grands distributeurs ont pris diverses mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Un postulat parlementaire demandait au Canton de légiférer afin de combattre le gaspillage alimentaire. Plus concrètement, il consiste à interdire aux commerces de «rendre impropres à la consommation leurs invendus alimentaires», soit environ 10% de la nourriture jetée annuellement en Suisse. Selon Nathalie Jaccard, la députée Verte à l'origine du postulat, «de l'eau de Javel est jetée dans les conteneurs, par-dessus les restes alimentaires». Pour lutter contre le gaspillage, elle préconise également de «faciliter la redistribution et le recyclage des invendus».

Pratique ni vue ni entendue

Selon le Canton, les grandes enseignes comme Migros et Coop démentent formellement javelliser les invendus. D'autre part, «le chimiste cantonal n'a aucune connaissance d'une telle pratique, passée ou actuelle». Les autorités étatiques considèrent dès lors que, à ce stade, «aucun élément probant permettant d'accréditer la thèse d'une dégradation volontaire des invendus alimentaires des grandes surfaces, au moyen d'eau de Javel en particulier, ne peut être retenu».

Mais l'État estime utile de débattre du devenir des invendus alimentaires. Sept des principaux acteurs de la grande distribution dans le canton ont été contactés. «Tous ont pris des mesures afin de réduire au maximum les invendus tant pour des raisons économiques, écologiques que sociétales», analyse le Canton.

Arsenal juridique déjà à jour

Le Canton de Vaud considère que l'ordonnance fédérale sur les déchets oblige une valorisation des biodéchets. Par conséquent, toute pratique visant à rendre impropre à la consommation et au compostage les invendus des grandes surfaces est, de facto, proscrite par la loi. Autre constat du Canton, en Suisse, «environ 97% des déchets alimentaires provenant du commerce de gros et de détail sont donnés, utilisés dans la production de fourrage pour animaux ou soumis à une valorisation matière ou énergétique». Donc, estime le Conseil d'État, «la prise de nouvelles dispositions législatives, et notamment le développement d'un article consacré dans la loi cantonale sur la gestion des déchets, ne permettrait pas de modifier significativement la situation qui prévaut actuellement, pour un coût de mise en oeuvre cohérent avec la politique budgétaire cantonale».

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