Genève: Déchets sauvages: appel pour renforcer l’arsenal répressif
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GenèveDéchets sauvages: appel pour renforcer l’arsenal répressif

Pour appuyer leurs polices, les communes souhaitent que des employés de la voirie puissent eux aussi infliger des amendes aux auteurs de littering.

par
David Ramseyer
Des ordures abandonnées au sol, au parc de Mon Repos, à Genève.

Des ordures abandonnées au sol, au parc de Mon Repos, à Genève.

KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

«Il y a un fort mécontentement au sein de la population confrontée aux déchets laissés au sol, et je comprends les gens! Dernièrement, ces incivilités ont parfois généré des situations critiques dans les parcs ou sur la plaine de Plainpalais», soupire la conseillère administrative Marie Barbey-Chappuis, chargée de la sécurité et des sports en Ville de Genève. Si les cadavres de bouteilles, les canettes ou les paquets de chips éventrés semblent essaimer sur l’herbe depuis la fin du confinement, le phénomène n’est pas nouveau et mobilise les communes.

Au terme de la consultation achevée cet été dans le cadre de la révision de la loi cantonale sur le tri des déchets, la question du littering (ndlr: abandon d’ordures au sol) a été soulevée. Les municipalités sont unanimes: il faut durcir la répression. Comment? En autorisant notamment d’autres fonctionnaires que les policiers à infliger des amendes aux contrevenants.

«Toucher au porte-monnaie»

En Ville de Genève, la douzaine d’employés de l’Unité de gestion des incivilités de la Voirie pourraient être concernés. «Le souci avec le littering, c’est le flagrant délit. Personne ne jette une bouteille au sol en présence d’un policier. Mais si l’autorité est en civil, il est possible de prendre les fautifs sur le fait, estime la magistrate PDC. Pour provoquer chez eux un électrochoc, il faut toucher au porte-monnaie.» Selon elle, la qualité de vie des habitants et les coûts de nettoyage – 33 millions de francs par an – sont en jeu. Calquée sur le modèle lausannois, la méthode semble avoir fait ses preuves dans la capitale vaudoise (encadré ci-dessous).

Pour l’heure, le Canton n’entend pas se prononcer sur cette demande des communes. À la tête du Département de la sécurité, le conseiller d’État Mauro Poggia indique que la question étant à l’étude, «il est prématuré d‘y répondre». Président du Conseil d’État et chargé du Département du territoire, Antonio Hodgers précise de son côté qu’il réserve ses commentaires aux députés.

Renforcer les prérogatives de certains fonctionnaires municipaux n’est pas la seule solution imaginée par les municipalités pour limiter les abus en matière de déchets. «Nous voulons aussi lutter contre ceux qui ne trient pas correctement leurs ordures, avance le président de l’Association des communes genevoises, Xavier Magnin - par ailleurs maire de Plan-les-Ouates. Nous demandons une hausse exponentielle du tarif des amendes.»

Lausanne cité en exemple

En plus des policiers municipaux, neuf agents assermentés du Service de la propreté urbaine (PUR) de la Ville de Lausanne traquent et sanctionnent depuis 2018 ceux qui ont la mauvaise idée de jeter leurs déchets au sol. «Nous avons constaté une nette baisse des délits dans les rues et les parcs», affirme Stéphane Beaudinot, chef du PUR. Celui-ci estime que les fumeurs, par exemple, utilisent davantage les cendriers publics. En 2019, les agents du Service ont infligé 1500 amendes, contre 1040 l’année précédente. Pour l’exercice en cours, marqué par le semi-confinement dû à la pandémie de coronavirus, 750 bûches ont été délivrées jusqu’à ce jour.

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