Genève - Déchets sauvages: face à la hausse, la Ville sanctionne
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GenèveDéchets sauvages: face à la hausse, la Ville sanctionne

La crise sanitaire a accentué le phénomène du littering. La Municipalité a lancé jeudi une campagne de sensibilisation et de répression.

par
Leila Hussein


«Chaque année, un tiers des ordures sont ramassées au sol par la voirie. C’est inacceptable», s’est insurgée Marie Barbey-Chappuis, conseillère administrative chargée du Département de la sécurité et des sports à la Ville. Pour ne rien arranger, la pandémie a amplifié la problématique des déchets sauvages (ndlr: littering en anglais).

«La fermeture des restaurants a poussé les gens à consommer sur l’espace public. Il y a eu plus de ventes à l’emporter et une multiplication des emballages», explique l’élue PDC, qui s’attend à voir «un important afflux de détritus dans les rues à l’approche des beaux jours».

Convaincre en s’attaquant au porte-monnaie

Pour lutter contre ce phénomène, la magistrate a lancé jeudi une campagne de sensibilisation. Objectif: rappeler les bons gestes à la population. Mais pas que. L’action se veut aussi répressive. «Pour celles et ceux qui resteraient imperméables, nous allons renforcer les sanctions et nous attaquer à leur porte-monnaie», indique la conseillère municipale.

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Des rondes seront menées par la police municipale en soirée et durant les week-ends jusqu’à 3h du matin. Des agents de la voirie, eux, tourneront en semaine durant la journée dans les lieux hautement fréquentés en été. «La difficulté est de prendre les gens en flagrant délit», confie Marie Barbey-Chappuis. Pour remédier à ce problème, les employés de la Ville circuleront en civil. Ce dispositif, en place depuis début avril, a porté ses fruits. Une septantaine de contraventions, allant de 100 à 200 francs, ont déjà été infligées.

La Ville veut marquer les esprits

Pour sensibiliser le public, la Ville a également déployé «un dispositif estival spécial Covid». Deux totems géants ont été installés au bord du lac. Le mot «STOP» de plusieurs mètres de haut rempli de déchets trône ainsi à l’entrée de la plage des Eaux-Vives et une gigantesque boîte à pizza, un mégot et deux canettes habillent le quai Wilson. Une campagne d’affichage et des communications sur les réseaux sociaux viendront compléter ces statues. Enfin, en juin et en juillet, 450 linges de bain et des cendriers portables seront distribués à la population sur les deux sites qui accueillent beaucoup de monde en été.

Le littering: un coût financier

Chaque année, la Ville alloue trente millions de francs à la propreté. Le ramassage des déchets sauvages représente plusieurs centaines de milliers de francs. «La collectivité paye pour le comportement irrespectueux d’une minorité», s’exaspère Marie Barbey-Chappuis.

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