Accord suspendu: «Décision attendue», selon Hasni Abidi
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Accord suspendu«Décision attendue», selon Hasni Abidi

La décision du Conseil fédéral de suspendre l'accord signé le 20 août avec la Libye était «attendue», estime Hasni Abidi, directeur du Centre d'étude et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM).

Il ne s'agit pas d'»une déclaration de guerre». La porte reste ouverte pour une solution, selon l'expert.

Le Conseil fédéral «ne pouvait pas maintenir un accord qui n'a pas été respecté par Tripoli», a expliqué M. Abidi interrogé mercredi par l'ATS. Le texte paraphé dans la capitale libyenne entre les deux parties fixait le 20 octobre comme date-butoir pour un retour à la normale dans les relations entre la Suisse et la Libye.

Tripoli n'a pas respecté cet engagement et les deux ressortissants helvétiques sont toujours retenus dans un lieu inconnu.

Selon M. Abidi, l'accord signé le 20 août était «mort-vivant». Il a été paraphé «par la 'bonne personne' du côté suisse (le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz) et la 'mauvaise personne' du côté libyen (le premier ministre libyen)». L'accord aurait dû être signé par le leader libyen en personne, le colonel Kadhafi, explique l'expert.

A ses yeux, la décision annoncée mercredi à Berne est «une étape décisive». «Elle vise à faire sortir le clan Kadhafi de son rôle d'arbitre (...) Le clan ne peut pas se retrancher indéfiniment derrière le gouvernement libyen qui n'a pas toute la latitude dans cette affaire», estime le directeur du CERMAM.

L'accord est suspendu et pas annulé. La balle est désormais dans le camp libyen. Berne «laisse une porte de sortie à Tripoli» en vue d'une solution dans une crise qui dure depuis plus d'un an, a conclu M. Abidi. (ats)

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