Décisions de l'ONU pour protéger la biodiversité
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Décisions de l'ONU pour protéger la biodiversité

La table ronde ministérielle de la 8e conférence de l'ONU sur la protection des espèces s'est terminée mercredi à Curitiba sans résultat significatif. Une série de décisions isolées a toutefois montré l'intérêt croissant pour cette question.

«Le thème gagne globalement en importance», a expliqué à l'ATS Bruno Oberle, directeur de l'Office fédéral pour l'environnement (OFEV). Il a décrit la conférence de Curitiba comme «utile» et a parlé d'une «longue et large» liste de thèmes évoqués au cours de la rencontre.

Un accord a été trouvé sur des questions comme la nécessité de déclarer les aliments et le fourrage génétiquement modifiés dans le transport international. L'engagement de la Suisse a été décisif pour obtenir ce résultat, selon M. Oberle. Une recommandation pour l'interdiction des chaluts a également été largement approuvée.

Technologie «Terminator»

Dans la question de la technologie «Terminator» n'a en revanche pas abouti à une unanimité. Des plantes sont par exemple tellement modifiées par la technologie génique que la capacité de la semence à germer est fortement réduite, voire nulle. Les paysans sont ainsi contraints d'acheter chaque année de nouvelles semences.

La Suisse a refusé, avec quelques autres pays, que la conférence recommande une interdiction de la recherche, exigée par la grosse majorité des Etats. «Nous voulons que la recherche soit libre», a indiqué M. Oberle. L'utilisation de la technologie est déjà réglementée par la loi en Suisse, a-t-il estimé.

La création à la conférence de régions de protection maritime dans le Pacifique et dans les Caraïbes montre selon lui que le problème de la biodiversité est pris au sérieux.

«Pas importants»

L'Etat insulaire de Kiribati souhaite créer dans la région des îles Phoenix le plus grand secteur de protection de la nature. La zone de protection serait grande comme deux fois le Portugal. Grenade, dans les Caraïbes, veut quant à elle multiplier par neuf sa région de protection maritime.

Il s'agit de «pas importants dans la lutte pour la diversité des espèces dans le monde», a expliqué le secrétaire exécutif de la convention de l'ONU pour la diversité biologique, Ahmed Djoghlaf.

«La mise sur pied de zones de protection des terres était l'un des plus grands succès de l'histoire en matière d'environnement», a- t-il déclaré. Le développement de régions de protection maritime a en revanche été retardé.

188 Etats signataires

La conférence de Curitiba, prévue sur douze jours, se termine officiellement le 31 mars. Environ 6000 délégués de gouvernements et d'organisations de plus de 190 pays - un record - ont pris part à la rencontre.

Elle a été lancée avec la convention sur la diversité biologique, adoptée en 1992 lors de la conférence de l'ONU sur l'environnement et le développement à Rio de Janeiro. Au total, 188 Etats, dont la Suisse, ont signé ce texte.

Les trois objectifs principaux de la convention sont le maintien de la diversité des espèces, l'utilisation durable et économique des espèces ainsi que la répartition juste et équilibrée des avantages tirés de la diversité des espèces. (ats)

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