Actualisé 27.04.2020 à 20:17

Coronavirus

Déconfinement: la France peaufine son plan

Paris réfléchit encore ce lundi à articuler l'agenda qui sortira le pays de la réclusion chez soi pour éviter la contagion au Covid-19.

Le chef de l'Etat français en visioconférence avec le directeur général de l'OMS.

Le chef de l'Etat français en visioconférence avec le directeur général de l'OMS.

AFP

Le gouvernement français planchait ce lundi sur les ultimes arbitrages pour peaufiner le plan de déconfinement qu'il présentera mardi devant les députés. Le chômage affiche une hausse historique pour le mois de mars.

Ce plan sera dévoilé mardi après-midi à l'Assemblée nationale par le Premier ministre Edouard Philippe, avec un vote dans la foulée malgré les protestations de partis d'opposition. Ils réclamaient un report du vote à mercredi.

C'est «une brutalité de plus», a twitté Jean-Luc Mélenchon, tandis que le patron des députés LR Damien Abad demande «24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collègues qui ne pourront siéger».

Chômage au plus haut

C'est un véritable exercice d'équilibriste auquel le gouvernement doit se livrer: relancer l'économie sans relancer l'épidémie. La crise s'est traduite très concrètement dans les chiffres du chômage en mars, avec une hausse record de 7,1% sur un mois ( 246'100 personnes).

Le ministère du Travail dit vouloir engager «une réflexion avec les partenaires sociaux» pour «adapter rapidement» les règles d'assurance chômage. Les syndicats réclamaient unanimement, dès avant la crise sanitaire, que le gouvernement abandonne entièrement sa réforme de l'assurance chômage.

Il a suspendu jusqu'en septembre un volet qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs précaires, alternant contrats courts et périodes de chômage, et qui devait entrer en vigueur au 1er avril. Ce sont eux qui se sont inscrits à Pôle emploi en mars.

Amélioration dans les hôpitaux

Cela fait presque six semaines que le pays est confiné pour freiner la propagation du nouveau coronavirus qui a fait 22'856 morts dans le pays depuis le 1er mars, dont 242 nouveaux décès en 24 heures. Parmi les victimes: l'ancien sénateur Henri Weber, cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, figure de la gauche et de mai 68, décédé à 75 ans.

La situation dans les hôpitaux s'améliore encore un peu avec 152 décès en 24 heures - bilan quotidien le plus faible en cinq semaines - et une baisse continue depuis 18 jours des patients en réanimation pour Covid-19 (4682 personnes).

Mais les services de réanimation/soins intensifs - qui comptaient 5000 lits avant la crise - restent sous pression avec encore 7553 hospitalisés, toutes causes confondues.

Nombreuses questions

A deux semaines du début du déconfinement, les questions sont nombreuses: où rendre les masques obligatoires? Quels tests et pour qui? Réouverture des commerces partout ou par régions? Quid des entreprises? Et les vacances d'été?

Le Conseil scientifique chargé d'éclairer le gouvernement a livré samedi soir ses recommandations pour une «levée progressive et contrôlée du confinement». Divergence notable avec les choix gouvernementaux, il préconise que crèches et établissements scolaires restent fermés jusqu'en septembre. Mais il a pris «acte de la décision politique» de les rouvrir progressivement dès mai, en «prenant en compte les enjeux sanitaires mais aussi sociétaux et économiques».

Pour la rentrée scolaire, qui doit être progressive, le conseil préconise notamment le port obligatoire d'un masque antiprojections dans les collèges et lycées, pour le personnel et les élèves.

Les experts suggèrent aussi le déjeuner en classe, la prise de température à la maison chaque matin avant l'école et des stratégies pour éviter les brassages d'élèves. Mais ils écartent la faisabilité et l'intérêt d'un dépistage massif. Cette note devrait servir de «base», a jugé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Feu vert des pédiatres

Les pédiatres se sont, pour leur part, déclarés favorables lundi au retour des enfants à l'école, «dans le respect des mesures barrières dont l'application doit être adaptée aux différentes tranches d'âges», faisant valoir qu'ils sont peu touchés par les formes graves de la maladie et «moins souvent porteurs du Sars-Cov-2 que l'adulte».

Au-delà des questions scolaires, le Conseil scientifique préconise d'autoriser les déplacements entre régions par transports en commun si les mesures de précaution sont respectées. Il déconseille cependant «fortement» les déplacements internationaux pendant encore quelques mois. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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