Actualisé 13.06.2011 à 19:52

Tunnel du SimplonDégâts massifs, mais trafic quasi normal

Premier à se rendre dans le tunnel du Simplon après que les pompiers l'ont quitté lundi, le directeur des CFF a constaté les «dégâts massifs à l'infrastructure» causé par l'incendie de jeudi.

Dès lundi à 18h00, le tube sinistré a cependant déjà rouvert en partie et le trafic a repris quasi normalement.

Comme il existe une station de croisement à mi-chemin du tunnel de 20 km, la moitié nord du tube sinistré peut être utilisée. La priorité des CFF après l'incendie qui a ravagé un convoi est de rétablir le trafic marchandises. Une trentaine de trains étaient encore en attente de pouvoir passer dans un sens ou dans l'autre lundi après-midi.

Retards de 20 minutes

«Les biens doivent pouvoir circuler», a déclaré le directeur général des CFF Andreas Meyer. La capacité sera portée à sept trains par heure, contre un peu moins de six en moyenne habituellement. Avec une telle fréquence, la capacité de transport est bonne, «mais nous ne serons pas encore en mesure de tenir l'horaire», a précisé M. Meyer.

Pour les voyageurs, la situation est déjà partiellement rétablie depuis samedi à la mi-journée. Les trains internationaux reliant Bâle et Genève à l'Italie s'arrêtent de part et d'autre du tunnel, les voyageurs devant s'installer dans un train-navette pour traverser l'ouvrage, avec un retard d'une vingtaine de minutes à la clé. Les correspondances sont assurées.

1200 camions sur les routes

La chaussée roulante exploitée par Ralpin jusqu'en 2018 a elle aussi repris lundi et pourra fonctionner à 90% de ses capacités dès mercredi. Directeur de l'entreprise, René Dancet avait émis des craintes samedi. Il estime à quelque 80 trains comptant 1200 camions au total le trafic qui n'aura pu être effectué d'ici mercredi.

Comme ces poids lourds transportent des marchandises dont le départ ne peut être différé, ils doivent circuler par la route. En temps normal, l'entreprise achemine quelque 450 camions par jour dans chaque sens entre Fribourg en Brisgau (D) et Novare (I).

Wagons évacués et enquête

Plus de quatre jours après l'incendie, la vingtaine de pompiers qui assuraient la sécurité se sont repliés. Les travaux d'évacuation des 10 wagons sinistrés ont commencé. Ceux-ci sont sciés en deux.

Il faudra compter deux semaines environ pour les emmener à la gare de Brigue où ils seront entreposés. Bien qu'ils se trouvent plus près de la sortie italienne, ils n'ont pas été emmenés à Iselle (I) car la gare n'offre pas d'installations adéquates.

L'hypothèse de la bâche

Les enquêteurs italiens pourront alors commencer leur travail sur les wagons pour déterminer la cause du sinistre. Selon leur chef, Attilio Rabbone, du ministère des transports, l'hypothèse la plus probable est celle d'une bâche mal fixée au départ de Novare. Elle aurait touché une ligne de contact, le frottement et la chaleur conduisant à l'incendie.

M.Rabbone a bien précisé qu'il ne s'agit là que d'hypothèse car «nous n'avons pas encore pu entrer dans le tunnel», a-t-il dit, précisant qu'il comptait y pénétrer «dans les prochains jours». Selon lui, il est encore trop tôt pour faire des prévisions sur la fin de l'enquête.

Des mois de travaux

Il faudra en revanche plusieurs mois de travaux dans le tunnel, a indiqué Christian Ginsig, porte-parole des CFF. Les voies sont à remplacer sur un kilomètre, la voûte doit être contrôlée, certains moellons qui la composent se sont fendus sous l'effet de la chaleur.

Territorialité oblige, les investigations sont placées sous la responsabilité de l'Italie. Les enquêteurs suisses y sont subordonnés. Ils collaborent en répondant aux demandes italiennes mais ne mènent pas d'enquête parallèle, a précisé dimanche à l'ATS Jean Gross, chef-adjoint du Service fédéral d'enquête sur les accidents des transports publics (SEA).

Selon les premiers éléments disponibles, le matériel roulant était en bon état. Les locomotives ont été rendues aux BLS, responsables du convoi. Cela exclut a priori une mise en cause de ces machines dans l'incendie.

Propriété de la Deutsche Bahn et des chemins de fer néerlandais, les wagons étaient «assez neufs», aux dires du responsable du SEA. «Ils n'ont pas de partie électrique qui aurait pu déclencher un incendie», a-t-il précisé. (ats)

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